Le parti tchèque ANO se retire du groupe libéral Renew et le laisse dans le « pétrin »

Andrej Babiš, ancien Premier ministre tchèque, a annoncé vendredi (21 juin) que son parti ANO quittait le parti libéral ALDE et le groupe Renew au Parlement européen, car il estime que le parti ne serait pas en mesure de réaliser son programme dans sa famille politique européenne actuelle.

/ EURACTIV République tchèque
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« Nous menons la campagne pour lutter contre l’immigration illégale, pour changer le Pacte vert pour l’Europe […]. Sur la base des négociations, nous sommes arrivés à la conclusion que Renew et l’ALDE ont simplement des positions différentes de celles du mouvement ANO », a expliqué Andrej Babiš lors d’une conférence de presse à Prague vendredi. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Andrej Babiš, ancien Premier ministre tchèque, a annoncé vendredi (21 juin) que son parti ANO quittait le parti libéral ALDE et le groupe Renew au Parlement européen, car il estime que le parti ne serait pas en mesure de réaliser son programme dans sa famille politique européenne actuelle.

Ce départ porte un nouveau coup au camp libéral du Parlement européen, déjà fragmenté après les élections européennes du début du mois.

« Nous menons la campagne pour lutter contre l’immigration illégale, pour changer le Pacte vert pour l’Europe […]. Sur la base des négociations, nous sommes arrivés à la conclusion que Renew et l’ALDE ont simplement des positions différentes de celles du mouvement ANO », a expliqué Andrej Babiš lors d’une conférence de presse à Prague vendredi.

ANO faisait partie de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), un parti libéral européen de longue date, qui s’était associé au groupe Renew, dominé par le parti d’Emmanuel Macron, Renaissance, en 2019.

Lors des élections européennes de 2024, le parti de Andrej Babiš a recueilli 22,3 % des voix, obtenant six sièges au Parlement, ce qui en aurait fait l’un des piliers de Renew et de l’ALDE.

Cependant, au cours de cette dernière année, le parti a divergé de la direction de l’ALDE en raison des opinions de plus en plus eurosceptiques et conservatrices d’ANO.

En juin dernier, après de vives critiques lors de l’un de ses congrès, l’ALDE a même dépêché ses coprésidents à Prague pour discuter du « libéralisme » d’ANO avec des experts tchèques.

Commentant la décision d’ANO de quitter le groupe, la présidente de Renew Valérie Hayer a déclaré qu’il s’agissait d’un « divorce qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps ».

« ANO a emprunté une voie populiste incompatible avec nos valeurs et notre identité. Le mois dernier, leur divergence par rapport à nos valeurs s’est accrue de manière exponentielle et nous en avons été témoins avec une grande inquiétude », a-t-elle ajouté, précisant que le parti avait tourné le dos aux convictions et aux valeurs pro-européennes du groupe.

Un haut responsable de Renew a exprimé son soulagement face à ce départ, « difficile en termes de nombre, mais bénéfique pour nos valeurs, c’est ce qui compte, après tout ».

Des temps difficiles en perspective

Une source proche de l’ALDE a confié à Euractiv que les Tchèques « rejetaient la faute sur les Français », à savoir sur Valérie Hayer, ainsi que sur l’ancienne Première ministre belge, Sophie Wilmès, leur reprochant « d’avoir travaillé seuls, sans consulter, ni inclure qui que ce soit ».

« Nous sommes dans le pétrin. Le groupe est désormais quatrième, en baisse, et l’extrême droite est en hausse. Nous sommes dans le pétrin à un moment où nous avons plus que jamais besoin d’unité », a indiqué la source.

Après les élections européennes, la délégation de Renew est passée de 101 à 80 sièges, et se trouve actuellement en quatrième position, derrière le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les Socialistes et Démocrates (S&D) de centre gauche, et les Conservateurs et Réformateurs européens (CRE) d’extrême droite, qui les ont devancés cette semaine en accueillant de nouveaux partis.

Avec le retrait d’ANO, Renew dispose désormais de 74 sièges, alors que les CRE en comptent 83.

Selon une autre soucre d’ANO, le choix du groupe politique auquel se joindrait le parti reste encore incertain.

Néanmoins, Andrej Babiš a annoncé que les CRE « ne sont certainement pas une solution pour nous. Les représentants des autres partis politiques tchèques ont leur mot à dire dans les groupes et les CRE ne sont certainement pas notre choix. Nous verrons, peut-être qu’un nouveau groupe sera créé ».

[Édité par Anna Martino]