Le plan Juncker pourrait créer 2,1 millions d'emplois en UE

En cas de succès, le plan d'investissement pourrait générer plus de 2,1 millions d'emplois et abaisser d'un point le taux de chômage dans l'UE d'ici à 2018, estime l'Organisation internationale du travail (OIT).

EURACTIV.fr avec Reuters
[[Sébastien Bertrand/Flickr]]

En cas de succès, le plan d’investissement pourrait générer plus de 2,1 millions d’emplois et abaisser d’un point le taux de chômage dans l’UE d’ici à 2018, estime l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le plan d’investissement de la Commission européenne, destiné à relancer l’investissement et la croissance au sein de l’Union européenne aura un impact conséquent sur le front du chômage en créant 2,1 millions d’emplois d’ici à 2018, selon l’Organisation internationale du travail (OIT).

Mais si le plan, qui doit permettre de lever 315 milliards d’euros entre 2015 et 2017 grâce à une garantie de départ de 21 milliards d’euros, ne parvient pas à attirer les investisseurs privés, il ne devrait créer que 400.000 emplois nets, une goutte d’eau sur les 23 millions d’Européens au chômage, ajoute l’OIT dans un rapport publié mercredi.

« Si le plan est bien mené, le nombre pourrait atteindre 2,1 millions de nouveaux emplois d’ici 2018. Cela permettrait de réduire le taux de chômage en Europe de 0,9 point de pourcentage, de près d’un point d’ici à 2018 », a déclaré Raymond Torres, directeur du département des études de l’OIT, lors d’une conférence de presse à Genève.

24 millions de chômeurs

Dans les vingt-huit États membres,  le taux de chômage atteignait 10,5 % en novembre 2014 , soit environ 24 millions de personnes sans emploi, selon Eurostat, un pourcentage en légère baisse par rapport à novembre 2013, où le taux de chômage était de 10,1 %.

Les disparités restent nombreuses, puisque certains pays affichent toujours des niveaux de chômage insoutenables comme la Grèce (25,7 %) ou l’Espagne (23,9 %), tandis que d’autres sont proches du plein emploi, comme l’Autriche (4,9 %) ou l’Allemagne (5,0 %)

« Le plan Juncker peut être un bon moyen de stimuler directement l’économie réelle, en complément des injections monétaires annoncées par la Banque centrale européenne », a ajouté Raymond Torres, faisant allusion au programme d’assouplissement quantitatif annoncé jeudi dernier par la BCE.

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Mais les investisseurs privés, qui seraient sollicités à hauteur de 252 milliards d’euros, réclament plus de précisions sur ce programme de relance de la croissance par des grands travaux et souhaitent que les gouvernements mettent davantage la main à la poche.

« Il est donc très important d’engager des projets avec de vastes économies d’échelle, par exemple les réseaux énergétiques en Europe ou les investissements ‘verts’, qui ont une incidence positive sur les tierces parties et ne devraient normalement pas être entrepris uniquement par des investisseurs privés », a déclaré Raymond Torres.

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Dans des pays au fort taux de chômage, de nombreuses PME manquent d’accès aux crédits bancaires, a-t-il poursuivi. « Il est donc très important que le plan implique fortement les petites entreprises à travers, par exemple, des garanties de crédit. »

La répartition des investissements entre les pays est primordiale, a encore estimé Raymond Torres.

Il a relevé que la Banque européenne d’investissement avait investi plus en Autriche, où le taux de chômage est faible, qu’au Portugal, ou encore bien plus hors UE qu’en Grèce.

« Nous espérons donc que le plan définitif qui sera adopté prendra davantage en compte la répartition des fonds entre les pays », a-t-il dit.

La Commission moins optimiste

Les estimations de la Commission européenne sur les retombées en termes d’emploi du plan Juncker  sont moins optimistes que celle de l’OIT.

Lors d’un débat en commission des affaires économiques et monétaires au Parlement européen, le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, a expliqué que l’exécutif européen tablait sur la création de 1,3 million d’emplois.