Le plan "Monti" pour assainir les finances publiques italiennes
Le gouvernement italien a adopté un plan d’austérité de 30 milliards d’euros pour consolider ses finances publiques d’ici 2014.
Le gouvernement italien a adopté un plan d’austérité de 30 milliards d’euros pour consolider ses finances publiques d’ici 2014.
A quelques jours du sommet européen de Bruxelles du 9 décembre, Rome donne des gages de discipline budgétaire. Le gouvernement italien a adopté, dimanche 4 décembre, un plan d’austérité de 30 milliards d’euros sur la période 2012-2014.
20 milliards d’économies
Les deux prochaines années s’annoncent frugales, avec une série de mesures budgétaires qui devraient permettre de réaliser 20 milliards d’euros d’économies : report de l’âge de départ à la retraite à 66 ans en 2018, augmentation de la TVA de deux points à compter de septembre 2012 et rétablissement de la taxe foncière perçue par les municipalités, qui devrait rapporter entre 10 et 11 milliards d’euros.
Des taxes vont également être instaurées sur les produits de luxe comme les yachts et les voitures haut de gamme.
« Nous devons partager les sacrifices et nous avons fait de grands efforts pour les partager équitablement », a déclaré Mario Monti au cours d’une conférence de presse. Soucieux de montrer l’exemple, il a annoncé renoncer à son salaire de président du Conseil et de ministre de l’Économie.
Mesures incitatives
Ce nouveau plan d’austérité comprend également des mesures incitatives afin de relancer la croissance et l’emploi. Dix milliards d’euros devraient ainsi être engagés pour soutenir l’emploi des femmes et des jeunes (un milliard d’euros par an) et inciter les entreprises à réinvestir leurs bénéfices.
Les heures d’ouverture pour les entreprises et commerces doivent être assouplies et les secteurs de la pharmacie et des transports vont, eux, être ouverts à la concurrence.
Forte de ces bonnes résolutions, l’Italie devrait pouvoir redresser la barre dès l’an prochain, avant de connaître une croissance nulle en 2013. Le vice-ministre de l’Économie, Vittorio Grilli, estime que ces mesures d’austérité devraient compenser la contraction du PIB de 0,4 ou 0,5% attendue en 2012.
Semaine cruciale
Tandis que Mario Monti doit présenter son programme de rigueur, lundi, devant le Parlement, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel doivent eux se rencontrer à Paris.
Paris et Berlin ne se sont toujours pas mis d’accord sur la manière de mieux contrôler les budgets nationaux, le président français refusant d’accorder de nouveaux pouvoirs aux institutions européennes.
Même s’ils devaient trouver un compromis, il reste encore plusieurs pays à convaincre, comme la Grande-Bretagne, l’Irlande et les Pays-Bas, du bien-fondé d’une réforme des traités.
Cette semaine s’annonce cruciale pour la zone euro, dont l’incapacité à résoudre la crise qui dure depuis deux ans inquiète sérieusement. Le secrétaire d’État au Trésor Timothy Geithner doit d’ailleurs se rendre à Francfort, Berlin, Paris, Marseille et Milan à partir de mardi pour exhorter ses interlocuteurs à agir.