Le Portugal se dit prêt à accueillir des migrants, mais pas « les portes grandes ouvertes »

Le Portugal est prêt à accueillir des migrants, mais ne le fera pas « avec ses portes grandes ouvertes », selon les déclarations du Premier ministre portugais Luís Montenegro jeudi 17 octobre.

Lusa avec Euractiv.com
Elected EU Council President Antonio Costa meets Portugal’s PM Montenegro in Lisbon
Le Premier ministre portugais Luis Montenegro assiste à une conférence de presse avec le président élu du Conseil européen et ancien Premier ministre Antonio Costa (non visible) avant un déjeuner au palais Sao Bento, à Lisbonne, Portugal, 01 juillet 2024. [EPA-EFE/FILIPE AMORIM]

Le Portugal est prêt à accueillir des migrants, mais ne le fera pas « avec ses portes grandes ouvertes », selon les déclarations du Premier ministre portugais Luís Montenegro jeudi 17 octobre. Il s’est dit favorable aux mécanismes de l’Union européenne (UE) visant à garantir le retour des migrants en situation irrégulière.

« Nous sommes prêts à accueillir au Portugal des migrants en provenance de pays où les gens ne voient pas leurs opportunités garanties. Nous avons besoin de main-d’œuvre, de main-d’œuvre qualifiée, de main-d’œuvre pour les différents secteurs de l’activité économique et nous sommes ouverts à cela, mais cette ouverture ne doit pas être confondue avec une politique de portes grandes ouvertes », a expliqué Luís Montenegro.

S’exprimant à Bruxelles à son arrivée au Conseil européen jeudi 17 octobre, où une discussion sur la gestion migratoire devait avoir lieu, le Premier ministre a soutenu la création, au niveau de l’UE, de « mécanismes visant à garantir que ceux qui ne respectent pas les règles puissent être renvoyés, d’une manière qui, bien sûr, garantisse le respect des droits humains et le respect de la dignité ».

« Il faut qu’il y ait une conséquence à l’immigration irrégulière parce que s’il n’y a pas de conséquence, cela signifie qu’on ouvre la porte et que tous ceux qui arrivent en Europe de manière irrégulière finissent par voir leur situation régularisée. Il est donc nécessaire qu’en cas de pression accrue, il existe des mécanismes pour dissuader les comportements illégaux », a-t-il abondé.

Soulignant que « chaque État membre a sa propre réalité » en matière d’immigration, Luís Montenegro a ajouté : « ce qui nous préoccupe le plus [au] Portugal en ce moment, c’est la mise en place d’une politique de retour qui soit, du point de vue de la garantie des droits humains, capable […] de poursuivre l’objectif d’amener les gens à se comporter dans le respect des règles ».

« Nous sommes un pays qui a besoin d’accueillir des migrants et qui a aussi besoin, comme cela a été la politique de ce gouvernement, de réguler les flux migratoires afin de pouvoir offrir des conditions d’accueil plus dignes et c’est ce que nous sommes prêts à faire », a-t-il poursuivi.

Ce sommet européen d’octobre intervient à un moment où l’Allemagne et la France renforcent les contrôles à leurs frontières et les règles en matière d’immigration, où des pays comme l’Espagne et la Grèce sont également confrontés à de fortes pressions migratoires, où l’Italie conclut des accords avec des pays tiers pour déporter les migrants, et où la Pologne et la Finlande cherchent à suspendre temporairement le droit d’asile en réponse à ce qu’elles considèrent comme des tentatives de la Biélorussie et de la Russie d’utiliser les migrants pour déstabiliser l’Occident.

Il s’agit d’un débat sensible au sein de l’UE, étant donné les différentes perspectives et contextes dans lesquels les États membres de l’UE gèrent la question migratoire. Les discussions européennes sur la gestion migratoire doivent contribuer à analyser la meilleure façon de lutter contre l’immigration clandestine, de renforcer les efforts de renvoi des personnes en situation irrégulière et d’améliorer les voies légales de migration et d’intégration.