Le premier ministre albanais défend à Bruxelles l'adhésion de son pays
Le premier ministre albanais Sali Berisha a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV que son pays était désormais l'un des plus sûrs en Europe, suite aux opérations contre le crime organisé. Il a également mis l'accent sur le fait que la croissance économique était restée stable malgré la crise mondiale.
Le premier ministre albanais Sali Berisha a déclaré lors d'un entretien avec EURACTIV que son pays était désormais l'un des plus sûrs en Europe, suite aux opérations contre le crime organisé. Il a également mis l'accent sur le fait que la croissance économique était restée stable malgré la crise mondiale.
Lors d'une visite à Bruxelles hier (14 avril), M. Berisha a présenté ses réponses à un questionnaire de l'UE concernant la préparation de son pays pour l'adhésion à l'UE (EURACTIV 17/12/09).
M. Berisha a été au centre de la vie politique albanaise ces vingt dernières années, d'abord comme président, puis comme leader de l'opposition et aujourd'hui comme premier ministre, une fonction dans laquelle il a été réélu en 2009.
S'exprimant lors d'un évènement au Parlement européen organisé par la Fondation Robert Schuman, M. Berisha a défendu la cause de l'adhésion de son pays à l'UE et a fourni plusieurs exemples de mesures strictes visant à sévir contre le crime organisé et la corruption.
Les fonctionnaires ne conduiront plus désormais dans des voitures officielles, par exemple.
Jusqu'à tout récemment, les 30 000 fonctionnaires albanais utilisaient des voitures pour un coût annuel de 19 000 dollars pour chaque limousine avec chauffeur. L'Albanie est l'un des pays les plus pauvres d'Europe.
A son initiative, ce système a été abandonné, et il y a aujourd'hui seulement 30 voitures officielles en Albanie, a-t-il affirmé. Il a aussi prétendu que la corruption avait été éradiquée et que les investisseurs étrangers appréciaient les procédures simples pour démarrer une affaire avec une taxe à taux fixe attractive de 10 %.
M. Berisha a reproché à l'opposition socialiste son boycott parlementaire. Depuis l'organisation des élections nationales en juin 2009, le Parti démocratique au pouvoir mené par M. Berisha – affilié au Parti populaire européen – et Parti socialiste d'opposition dont le dirigeant est Edi Rama n'ont cessé de s'accuser mutuellement de fraudes.
Les Albanais présents lors de cet évènement public ont affirmé que M. Berisha avait présenté une image bien trop rose de son pays.
Se confiant à EURACTIV dans un entretien exclusif, M. Berisha a affirmé que la mafia albanaise était maintenant hors d'état de nuire, alors que des arrestations ont eu lieu dans un certain nombre de pays d'Europe de l'Ouest et que plus de 1 000 criminels ont été jugés et envoyés en prison.
Le premier ministre albanais a déclaré qu'il ne croyait pas que la récente vague massive de demandeurs d'asile d'origine albanaise dans les pays d'Europe de l'Ouest pourrait constituer un obstacle à la levée des exigences de visa par l'UE pour ses ressortissants.
L'an dernier, la Commission européenne a offert de lever l'obligation de visa pour les citoyens serbes, macédoniens, monténégrins, albanais et bosniaques voyageant dans l'UE. Le programme de libéralisation des visas s'est accompagné d'un exode de demandeurs d'asile d'origine albanaise et roms depuis la Macédoine et la Serbie (EURACTIV 12/03/10).
M. Berisha a affirmé que l'Albanie allait construire une centrale nucléaire, et que les fréquentes coupures d'électricité étaient maintenant de l'histoire ancienne.
Interrogé sur sa longévité politique, M. Berisha a déclaré que la raison en était qu'il était un cheval de trait travaillant pour transformer son pays, sous dictature jusqu'en 1990.
Pour lire cet entretien dans son intégralité (en français), cliquez ici