Le premier ministre croate rend hommage aux victimes controversées de la guerre
Une délégation du gouvernement croate dirigée par la première ministre croate Jadranka Kosor s'est rendu dans la ville autrichienne de Bleiburg lundi (10 mai) afin de rendre hommage aux soldats et civils croates pro-nazis tués là-bas par les partisans de Tito à la fin de la Seconde guerre mondiale, rapporte l'agence de presse HINA
Une délégation du gouvernement croate dirigée par la première ministre croate Jadranka Kosor s'est rendu dans la ville autrichienne de Bleiburg lundi (10 mai) afin de rendre hommage aux soldats et civils croates pro-nazis tués là-bas par les partisans de Tito à la fin de la Seconde guerre mondiale, rapporte l'agence de presse HINA
Nous sommes rassemblés ici pour nous souvenir des droits humains de beaucoup de personnes, dont le nombre n'a pas été définitivement établi, les droits humains de leurs familles et ceux de chaque personne. Ces personnes ont été tuées sans procès, sans accusations ni droit à la défense, a affirmé Mme Kosor aux journalistes après une cérémonie de dépôt de gerbe dans les champs de Bleiburg.
Cependant, Mme Kosor a condamné ceux qui sont apparus en uniformes fascistes dans les sites mémoriaux comme Bleiburg. On devrait se souvenir de façon digne de ceux qui ont été tués, alors je condamne ceux qui viennent ici, et parfois à d'autres endroits aussi, en portant un uniforme fasciste. Cela n'aide certainement pas à apporter des éclaircissements sur ce qui s'est passé ici.
Elle faisait référence aux Croates qui sont toujours nostalgiques du mouvement oustachi, qui ont fait de Bleiburg un symbole nationaliste et antiserbe.
Mi-avril, le président croate Ivo Josipovic a déclaré qu'il ne se rendrait pas à Bleiburg tant que l'endroit était instrumentalisé et visité par des gens en noir qui veulent changer l'histoire (EURACTIV 15/04/10).
Le premier ministre à cité la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations unies, et la résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui condamne les crimes commis par les régimes communistes, et la Déclaration du Parlement croate de 2006 qui fait référence aux crimes commis entre 1945 et 1990.
Mme Kosor a dit : il est temps que toute la vérité pleine et entière soit connue à propos de tous les événements croates, sans que personne ne soit effrayé. Elle a dit qu'elle était contre toute révision du rôle joué par le mouvement antifasciste, mais a appelé à ce que les crimes commis par le régime communiste dans la période d'après guerre soient également pris en compte.
La première ministre était accompagnée du ministre de l'intérieur Tomislav Karamarko et du ministre de l'éducation, des sciences et du sport Radovan Fuchs.
Le charnier d'Huda Jama
Lorsqu'on lui a demandé s'il y avait des nouveaux éléments à propos des exhumations à Huda Jama, un charnier de la Seconde guerre mondiale situé en Slovénie, Mme Kosor a rappelé que la Croatie et la Slovénie avaient signé un accord pour marquer les sites des charniers et que Zagreb insisterait pour la mise en œuvre complète de cet accord.
Nous avons le droit de savoir toute la vérité, tous les faits et nous allons enquêter en profondeur, a-t-elle dit, ajoutant que l'accord avec la Slovénie prévoyait la possibilité de marquer de tels sites pour que la vérité soit connue.
Mme Kosor a exprimé l'espoir que quelque chose soit fait dans un futur proche pour les familles survivantes qui n'ont pas eu le droit de s'exprimer en public pendant des décennies à propos de ce qui était arrivé aux membres de leurs familles, et que les victimes soient identifiées.
Interrogée sur l'ouverture d'une section au musée militaire serbe à Belgrade, dédié au criminel de guerre serbe de la Seconde guerre mondiale Draza Mihajlovic, où il est dépeint comme un combattant antifasciste, Mme Kosor a dit que la position du gouvernement croate était que les faits historiques ne pouvaient et ne devaient pas être changés car ce serait très dangereux.
Draza Mihajlovic était à la tête d'un mouvement collaborateur et un nombre incalculable de crimes de guerre épouvantables ont été commis sous son commandement, ce qui est un fait historique. Nous trouvons que toute révision de ces faits est inquiétante, surtout si cela se produit avec le soutien du gouvernement, comme nous pouvons le voir. Cela nous inquiète, mais nous espérons que ce ne sera pas une tendance générale. Nous savons clairement de quel côté était Draza Mihajlovic. En commettant une série de crimes de guerre, il s'est rangé du côté de ceux que combattaient les antifascistes, a dit la première ministre croate.