Le Premier ministre irlandais qualifie le projet d’accord migratoire Royaume-Uni–Rwanda de « tout à fait stupide »
Le Premier ministre irlandais a déclaré en marge du sommet européen — dont le thème central est l’immigration — que le projet du Royaume-Uni de transférer les demandeurs d’asile au Rwanda, aujourd’hui abandonné, était « tout à fait stupide ».
Le Premier ministre irlandais Simon Harris a déclaré ce jeudi 17 octobre en marge du sommet européen — dont le thème central est l’immigration — que le projet du Royaume-Uni de transférer les demandeurs d’asile au Rwanda, aujourd’hui abandonné, était « tout à fait stupide ».
Lors de son arrivée au sommet du Conseil européen à Bruxelles ce jeudi, Simon Harris a expliqué aux journalistes qu’il gardait un « esprit ouvert » quant aux discussions que tiendraient les Vingt-Sept sur la recherche de nouveaux moyens de gérer les questions d’immigration irrégulière et d’asile, mais il a mis en garde contre tout parallèle qui pourrait être fait avec le plan rwandais du précédent gouvernement conservateur au Royaume-Uni.
En vertu de l’accord avec le Rwanda, le précédent gouvernement britannique, qui a quitté le pouvoir en juillet, pouvait transférer les demandeurs d’asile du Royaume-Uni vers le pays d’Afrique centrale, qui se chargeait alors de traiter les demandes d’asile. Ce plan n’a jamais été mis en œuvre et a été abandonné par le nouveau Premier ministre travailliste, Keir Starmer.
« J’ai déploré tous les aspects de cette initiative, je l’ai trouvée tout à fait stupide, pour être honnête », a insisté Simon Harris jeudi. Mais il a ajouté qu’il était important que ces « mauvais exemples ne soient pas confondus avec ce que l’Union européenne essaie de faire ici, à savoir examiner tous les leviers juridiques possibles pour mettre en place un système d’immigration qui fonctionne ».
Les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles ce jeudi pour débattre d’idées telles que des « centres » dans des pays tiers où les personnes en situation irrégulière, notamment les demandeurs d’asile, pourraient être transférées. Les discussions sur de tels centres n’en sont qu’à leurs balbutiements, et les détails qui ont fuité jusqu’à présent sont rares et ne permettent pas de dégager une direction claire.
Dans une lettre envoyée lundi 14 octobre aux dirigeants de l’UE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a demandé aux Vingt-Sept d’étudier « les possibilités de développer des centres de retour en dehors de l’UE, en particulier dans la perspective d’une nouvelle proposition législative sur les retours ».
Les sommets du Conseil européen permettent aux États membres de définir les orientations politiques de l’Union européenne. La Commission est ensuite chargée de faire des propositions législatives, qui sont ensuite étudiées par le Parlement européen et le Conseil de l’UE.
« Je pense que nous devons faire très attention à ce que les propositions avancées — surtout si elles deviennent des propositions faites par la Commission — ne soient pas déformées », a averti Simon Harris.
L’Ukraine et le Moyen-Orient figurent également à l’ordre du jour du sommet de jeudi, ainsi que la discussion sur la compétitivité économique de l’Europe. Les informations concernant l’ordre du jour des discussions ont changé ces derniers jours, mais depuis jeudi matin, il indique que le débat sur la migration devrait avoir lieu vers la fin de la journée.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]