Le Premier ministre tchèque Babiš balaie les propos de Trump sur l'OTAN

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a également mis en doute la « loyauté » des États-Unis vis-à-vis de leurs engagements envers l'OTAN

/ EURACTIV.com
Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš [Photo : Tomas Tkacik/SOPA Images/LightRocket via Getty Images]

Nicosie, CHYPRE – Andrej Babiš, le Premier ministre tchèque, a minimisé les inquiétudes concernant l’engagement des États-Unis envers l’OTAN, qualifiant les récentes déclarations de Donald Trump de provocation politique.

Répondant aux questions d’Euractiv en marge du sommet des dirigeants de l’UE à Chypre, Babiš a déclaré que Trump « dit parfois des choses pour provoquer des réactions », après que l’ancien président américain eut qualifié l’OTAN de « tigre de papier » et évoqué un éventuel retrait.

Ses commentaires interviennent alors que le Premier ministre polonais Donald Tusk a fait remarquer vendredi que l’alliance se trouvait à un moment critique, se demandant si Washington resterait « fidèle » à ses engagements de défense en cas d’attaque russe. Tusk a également averti que Moscou pourrait tester la détermination de l’OTAN « dans les mois à venir ».

Babiš a indiqué qu’il espérait que les États-Unis resteraient fidèles à leurs engagements. « Nous avons besoin des États-Unis au sein de l’OTAN », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que Donald Trump « tient chaque jour un discours différent ».

Babiš, milliardaire devenu homme politique et chef du mouvement populiste ANO, a été réélu en octobre dernier après avoir déjà occupé ce poste de 2017 à 2021. Son gouvernement a réduit son soutien à l’Ukraine et noué des liens étroits avec d’autres pays marginaux de l’UE, la Hongrie et la Slovaquie.

Ce débat intervient dans un contexte de tensions plus générales entre les États-Unis et leurs alliés européens. Ces dernières semaines, Washington a critiqué les pays de l’UE pour leur manque de soutien aux efforts militaires liés à l’Iran et pour ne pas contribuer plus activement à la sécurisation du détroit d’Ormuz.

Une réunion convoquée la semaine dernière par Emmanuel Macron et Keir Starmer dans le but de coordonner une réponse européenne a au contraire mis en évidence les divisions entre les États membres, notamment sur le rôle de la participation américaine à une éventuelle mission.

(cs)