Le secteur alimentaire incité à s'adapter et à innover [FR]
Le défi de l'innovation auquel fait face l'industrie alimentaire de l'UE, essentiellement composée de PME, sera d'adapter produits et services à un environnement changeant et aux besoins du consommateur.
Le défi de l’innovation auquel fait face l’industrie alimentaire de l’UE, essentiellement composée de PME, sera d’adapter produits et services à un environnement changeant et aux besoins du consommateur.
La conférence « Perspectives alimentaires pour 2030 » qui se tient les 17 et 18 avril 2007 rassemble divers acteurs du secteur alimentaire, économistes comme spécialistes des comportements des consommateurs, dans le but d’examiner l’évolution à l’horizon 2030 de l’industrie alimentaire et de la demande des consommateurs et l’impact possible sur la recherche dans le domaine de l’alimentation.
Le commissaire à la recherche, Janez Poto?nik, a indiqué : « L’alimentation ne se résume pas à ce que l’on trouve dans nos assiettes. Elle influence bien d’autres domaines comme l’environnement, la santé et l’économie ». Il a mis l’accent sur la nécessité de se pencher sur les besoins de recherche concernant la totalité de la chaîne alimentaire : « Cela revient à s’ouvrir à d’autres disciplines, en impliquant des technologies convergentes telles que les neurosciences, les biotechnologies et les nanotechnologies. Apprendre grâce à d’autres disciplines peut entraîner des gains de productivité et des économies d’énergie ».
Si l’industrie agro-alimentaire est le premier secteur industriel de l’UE en termes de chiffre d’affaires, d’emploi et de nombres d’entreprises, le budget qu’elle alloue à la recherche est bien inférieur à celui des Etats-Unis ou du Japon. Cette différence est principalement due au fait que 99% des quelques 230 000 entreprises de ce secteur sont des PME qui ne peuvent consacrer beaucoup de temps et de ressources à des processus de recherche souvent longs.
Selon le commissaire Poto?nik, « l’innovation dans l’industrie agro-alimentaire dépendra dans une large mesure de ces PME ». Il appelle le secteur privé à investir davantage dans la R&D alimentaire tout en encourageant les petites entreprises à profiter de l’amélioration des conditions de participation des PME au 7ème PCRD (Programme-cadre européen de R&D) pour mener des activités de recherche.
Selon Esko Aho, ancien premier ministre de la Finlande et responsable du rapport « Créer une Europe innovante » (2006). Le problème de l’Europe réside dans son manque d’outils pour la promotion de l’innovation, à savoir le manque de capital-risque. E. Aho estime que le domaine agro-alimentaire européen a besoin de créer un nouvel avantage comparatif pour concurrencer l’Asie par exemple.
Selon lui, « cet avantage comparatif ne sera pas seulement alimenté par plus de R&D, de nouvelles applications ou l’information des consommateurs mais par la combinaison des trois ». Il souligne également l’importance de fournir aux consommateurs toute l’information dont ils ont besoin pour faire les bons choix. Il pense aussi que le plus grand défi du secteur alimentaire de l’UE sera d’ajuster les produits et les services à l’environnement changeant et aux besoins des consommateurs.
Selon un récent rapport sur les tendances industrielles, les principaux éléments guidant l’innovation du secteur alimentaire sont : le plaisir, la santé, la forme, la praticité et l’éthique.