Le vote sur l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen prévu pour décembre

Les gouvernements des États membres l’Union européenne voteront en décembre sur la possibilité d’accorder l’adhésion à l’espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie, après plus de dix ans d’attente.

Euractiv.com
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Une nette majorité d’eurodéputés est favorable à la levée des contrôles aux frontières pour les deux pays. [Shutterstock/Mircea Moira]

Les gouvernements des États membres l’Union européenne voteront en décembre sur la possibilité d’accorder l’adhésion à l’espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie, après plus de dix ans d’attente.

En 2011, la question de l’adhésion avait été soumise au vote des ministres des États membres du bloc, mais l’adhésion avait été bloquée par les gouvernements néerlandais et finlandais, l’entrée dans l’espace Schengen de libre circulation sans passeport nécessitant l’unanimité.

« La présidence tchèque s’est engagée à réaliser des progrès pour permettre à la Bulgarie et à la Roumanie de faire pleinement partie de l’espace Schengen », a déclaré le ministre tchèque des Affaires européennes, Mikuláš Bek, lors d’un débat sur le sujet au Parlement européen, mercredi 5 octobre.

« À cet égard, nous nous engageons avec les États membres à préparer le terrain pour une discussion de fond sur la levée des contrôles aux frontières intérieures avec la Bulgarie et la Roumanie. Dans le cadre de nos efforts pour obtenir l’unanimité nécessaire au sein du Conseil, la présidence a facilité les visites d’experts en Bulgarie et en Roumanie la semaine prochaine, conformément aux instructions de la Commission », a déclaré le ministre.

Une nette majorité d’eurodéputés est favorable à la levée des contrôles aux frontières pour les deux pays. Le Parlement votera une résolution à ce sujet lors de la session plénière qui aura lieu du 17 au 20 octobre.

Seul le groupe Identité et Démocratie (ID) reste opposé à une telle décision. Guido Reil, du parti allemand Alternative für Deutschland (AfD), définit la Roumanie comme un véritable « Far West » au cœur de l’Europe, et pointe du doigt les niveaux élevés de corruption et de crime organisé dans les deux pays.

Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE), estime pour ça part que « nous avons là deux États membres de l’UE qui remplissent toutes les conditions pour rejoindre cet espace. Ils sont prêts pour Schengen mais ils attendent le feu vert du Conseil depuis 2011. 11 ans, aucun progrès. C’est tout simplement inacceptable ».

« Il n’y a pas de première et de deuxième catégorie, il n’y a pas de raisons objectives pour refuser à la Bulgarie et à la Roumanie cette [adhésion]. Elles ont fait toutes les démarches nécessaires et permettez-moi de rassurer nos amis de Sofia et de Bucarest, vous avez notre soutien, votre place est au sein de Schengen » a-t-il ajouté.

De même, la présidente du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), Iratxe Garcia Perez, a qualifié le « blocage au Conseil » de tout bonnement « discriminatoire ».

« Nous parlons beaucoup de solidarité, mais elle doit s’appliquer à tout le monde. Vous ne pouvez pas demander la solidarité de la Bulgarie et de la Roumanie alors que l’Union européenne ne respecte pas ses propres engagements [envers elles]. C’est la meilleure recette pour alimenter le sentiment de mécontentement vis-à-vis de l’Europe et le soutien aux messages populistes anti-européens », a-t-elle poursuivi.

La Gauche soutient elle aussi une adhésion des deux pays à l’espace Schengen, mais estime qu’il faut, en échange de la libre circulation, demander que ces derniers mettent un terme à la violence contre les migrants et les réfugiés aux frontières.

« Je crois fermement en la libre circulation d’absolument tout le monde, mais j’ai beaucoup de mal à séparer l’expansion de Schengen de la violence qui sévit aux frontières de l’Europe. Une violence et des abus ridicules qui s’exercent à une vitesse spectaculaire contre les réfugiés qui tentent d’entrer en Croatie », a déclaré Clare Daly pour la Gauche.

« Avec la Bulgarie et la Roumanie, il est très difficile de se défaire de la conviction que l’UE exige de ces pays qu’ils prouvent qu’ils ne reculeront devant rien pour empêcher les migrants d’entrer sur leur territoire, en échange de la libre circulation. L’UE semble avoir pris l’habitude de récompenser un comportement épouvantable par la libre circulation », a-t-elle déclaré.