Légalisation d’un insecticide potentiellement dangereux pour les abeilles

Le ministère de l’agriculture vient d’autoriser la vente de l’insecticide Cruiser OSR, destiné au traitement du colza. Il est controversé pour ses effets sur la santé des abeilles.

EURACTIV.fr
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Le ministère de l’agriculture vient d’autoriser la vente de l’insecticide Cruiser OSR, destiné au traitement du colza. Il est controversé pour ses effets sur la santé des abeilles.

La décision du ministère a été révelée, jeudi 16 juin, dans un communiqué de presse de l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF). L’insecticide Cruiser OSR, jusque-là prohibé sur le marché des insecticides français vient d’être légalisé par le ministère de l’agriculture.

Le ministre Bruno Le Maire a déclaré que « cette autorisation [faisait] suite à l’avis favorable de l’Agence nationale de sécurité sanitaire du 15 octobre 2010, qui conclut que l’usage de la préparation Cruiser OSR sur [les] semences [de crucifères] satisfait à l’ensemble des conditions de sécurité requises ». Toutefois, prévient-il, cette autorisation pourrait faire l’objet d’une « suspension en cas d’incident ». 

Le Conseil d’État a déjà annulé une première série d’autorisations de ces insecticides en février dernier. Elles concernaient l’usage du produit sur les plans de maïs et ont été interdites en raison de leur trop forte teneur en thiaméthoxam, un insecticide puissant qui contrariait la pousse des plans.

C’est ce même insecticide qui est mis en cause dans le communiqué de l’UNAF. Pour les apiculteurs, pas de doute : « Le thiamethoxam, est à l’origine de cas avérés d’intoxication d’abeilles. Son autorisation sur le colza, plante très visitée par les hyménoptères, est gravissime pour l’avenir du cheptel apicole français », ajoutent-ils.

Cet insecticide est déjà utilisé dans l’Union européenne sur plus de 2 800 000 hectares, soit 2 hectares sur 5. Un autre pesticide de la famille Cruiser, le Cruiser 350 employé pour la protection des cultures de maïs, a donné lieu à des cas avérés d’empoisonnement d’abeilles. –>–>–>–>–>–>–>–>–>–>

Le secteur apicole juge que le gouvernment va à l’encontre des mesures du Conseil d’État. L’UNAF a remis récemment à Bruno Le Maire une pétition de 200 000 signatures demandant le retrait en France des pesticides dits « neurotoxiques », responsables de la mort des abeilles.