Les Allemands se montrent très attachés à l'aide au développement

En abandonnant ses engagements en matière d'aide au développement, le gouvernement fédéral rentre  en confrontation avec la majorité de la population. Un article d'EURACTIV Allemagne.  

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En abandonnant ses engagements en matière d'aide au développement, le gouvernement fédéral rentre  en confrontation avec la majorité de la population. Un article d'EURACTIV Allemagne.
 

Environ 80 % des Allemands veulent que leur gouvernement maintienne ses engagements, en dépensant  0,7 % du produit national brut (PNB) dans l’aide au développement. Quatre sondés sur dix souhaitent également qu’il s’engage davantage dans ce domaine. Quelque 81 % estime « important » ou « très important » que l’Allemagne soit plus active dans la lutte contre la pauvreté grâce à l’aide humanitaire. Les résultats sont issus d’un sondage d’opinion commandé par la Stiftung Weltbevölkerung.

Les personnes interrogées surestiment aussi les fonds investis par la République fédérale dans l’aide au développement : elles pensent en moyenne que Berlin y consacre 2,4 % de son PNB. En réalité, le Bundestag n’a dépensé que 0,38 % de son PNB, un peu plus de la moitié de l’objectif fixé.

Contre la volonté du peuple

Lors d’une réunion gouvernementale consacrée à l’aide humanitaire, Dirk Niebel, du Parti libéral démocrate allemand (FDP), a déclaré que l’objectif de 0,7 % n’était « pas adapté à la conjoncture actuelle ». Le gouvernement souhaite manifestement privilégier la qualité à la quantité, selon lui. « L’objectif de 0,7 % doit être remis en question. Ce n’est pas difficile de dépenser beaucoup d’argent. L’art réside dans la manière de l’utiliser à bon escient. La politique de développement moderne ne se résume pas à forer des puits ou à résoudre des crises urgentes», a déclaré le ministre allemand en charge du développement.

La présidente de la Stiftung Weltbevölkerung, la Fondation pour la population mondiale, Renate Bähr, n’est pas du tout de cet avis : « Les résultats de l’enquête envoient un message clair au prochain gouvernement fédéral : l’Allemagne doit arrêter de faire semblant. Le pays doit réaliser ses engagements internationaux. » Si le gouvernement laisse tomber l’objectif de 0,7 %, c’est une gifle donnée par les citoyens allemands aux populations des pays en voie de développement, a-t-elle poursuivi.

Le député écologiste du Bundestag Thilo Hoppe se retrouve dans cette critique : « Angela Merkel et Dirk Niebel ont tort de penser que la population perçoit bien leur politique d’avarice. Le gouvernement a réduit à deux reprises les budgets consacrés aux plus pauvres des pauvres, et au développement. Cela nuit non seulement à la réputation de l’Allemagne au niveau international, mais suscite aussi des protestations et l’incompréhension au sein de la population allemande. »

Thomas Antkowiak de l’organisation caritative catholique MISEROR parle d’un « signal fatal » pour la lutte contre la pauvreté. « Ce n'est pas de bonne augure pour un accord international sur le futur des objectifs du Millénaire pour le développement, ou sur le climat. Comment voulons-nous donner l’exemple et inviter les autres États à respecter leurs engagements internationaux ? », se demande M. Antkowiak.

La majorité des États membres de l’UE sont encore loin d’atteindre leurs objectifs du Millénaire pour le développement.