Les candidats aux élections s’engagent en faveur du développement

Les ONG françaises ont profité de la période électorale pour demander aux candidats de s’engager en faveur de la politique de développement. Certaines ont préféré faire l’impasse sur les candidats du Front national.

EURACTIV.fr
Enfants dans une école en Centreafrique [Pierre Holtz/UNICEF]
Enfants dans une école en Centreafrique [Pierre Holtz/UNICEF]

Les ONG françaises ont profité de la période électorale pour demander aux candidats de s’engager en faveur de la politique de développement. Certaines ont préféré faire l’impasse sur les candidats du Front national.

Les périodes électorales sont propices aux bonnes volontés. Alors que le scrutin européen a débuté le 22 mai au Royaume-Uni et doit se tenir le 25 mai en France, des nombreux candidats se sont engagés, à la demande des ONG, en faveur de l’aide au développement.

L’ensemble des candidats à la présidence de la Commission européenne a signé l’appel de l’ONG ONE, les engageant à prendre des mesures en faveur de la lutte contre l’extrême pauvreté.

Ska Keller et José Bové pour les Verts, Martin Schulz pour les socialistes, Jean-Claude Juncker pour le centre droit, Guy Verhofstadt pour les libéraux et Alexis Tsipras pour la gauche radicale se sont engagé à « renforcer le soutien de l’Europe en faveur des pays en développement, notamment à travers des investissements dans l’agriculture, la santé et l’accès à l’énergie, et en améliorant la transparence des gouvernements et des entreprises ».

Au-delà des prétendants à la présidence de l’exécutif européen, 80 candidats en France et 353 dans toute l’Europe ont également manifesté leur soutien à la pétition, ainsi que plus de 66 000 citoyens.

Engagement pour une Europe solidaire

« Il est rassurant de voir que les représentants de tous les grands mouvements politiques européens s’engagent pour une Europe solidaire et responsable face aux grands enjeux mondiaux », déclare Friederike Röder, directrice de ONE France.

Les candidats du PS, de l’UMP, d’Europe-Écologie Les Verts, de L’UDI-Modem et du Front de Gauche se sont également engagés, à différents degrés, sur les propositions du groupement d’ONG Coordination Sud.

Selon Coordination Sud, EELV, le Front de Gauche et le Parti socialiste se sont largement engagés en faveur d’une politique européenne de développement et d’aide humanitaire exemplaire. Du côté de  l’UDI-Modem, si une partie des engagements pris vont dans le bon sens, selon le groupement d’ONG, le désaccord sur « la vision développée par de la politique migratoire européenne » est total. Épinglé également, l’UMP, qui malgré des déclarations en faveur de certains dossiers clefs comme la  taxe sur les transactions financières, n’a pas fait preuve « d’un engagement fort ».

L’UMP absente

CCFD-Terre Solidaire a enfin réussi à recueillir les signatures de 420 candidats de six partis (Parti socialiste, EELV, Front de gauche, L’Alternative (UDI-MODEM), Nouvelle Donne, Europe Citoyenne). Parmi les signataires de la déclaration d’intention du CCFD, qui comprend notamment la lutte contre l’évasion fiscale ou une gouvernance alternative des migrations, l’UMP fait figure de grand absent.

« Ils n’ont jamais répondu à nos sollicitations, que ce soit au niveau local ou au niveau national » regrette Caroline Doremus, responsable du plaidoyer chez CCFD-Terre Solidaire.

Le FN au banc des partis

Parmi les différents signataires des appels des ONG françaises en faveur du développement et de la solidarité internationale ne figure aucun candidat du Front national.

Le parti d’extrême droite, qui fait jeu égal avec l’UMP dans les sondages depuis plusieurs semaines, devrait fortement augmenter son nombre d’eurodéputés (actuellement de trois) après le 2 mai.

 « Nous sommes non-partisans. Nous avons contacté le FN, mais nous n’avons recueilli aucune signature d’un de leur candidat » explique une porte-parole de l’ONG One.

Du côté de Coordination Sud et de CCFD-Terre Solidaire, le parti dirigé par Marine Le Pen n’a pas été appelé à contribution, « même si la question a fait partie du débat » a expliqué Caroline Doremus du CCFD.

« Il y a des positionnements assez tranché sur le fait qu’il n’y a pas de partage des valeurs avec les associations de solidarité internationale » poursuit la responsable du plaidoyer. « Mais la question n’est pas totalement fermée » conclut-elle.