Les défis qui attendent Piotr Serafin, le commissaire désigné au Budget
Si le Polonais Piotr Serafin est confirmé au poste de commissaire au Budget, ce dernier devra faire face à nombreux défis, explique l’eurodéputé Bogdan Rzońca (CRE), notamment la renégociation du cadre financier pluriannuel de l’UE.
Si le Polonais Piotr Serafin est confirmé au poste de commissaire au Budget, ce dernier devra faire face à nombreux défis, explique l’eurodéputé Bogdan Rzońca (Droit et Justice/PiS, Conservateurs et Réformistes européens/CRE), notamment la renégociation du cadre financier pluriannuel de l’Union européenne (UE).
Piotr Serafin est un homme de confiance du Premier ministre Donald Tusk (PO, Parti populaire européen/PPE), et il devrait devenir le deuxième Polonais à obtenir le portefeuille du Budget au sein de la Commission européenne, après Janusz Lewandowski (PO, PPE) au sein de la seconde Commission Barroso (2010-2014).
Et selon l’eurodéputé du PiS Bogdan Rzońca, membre de la commission des Budgets du Parlement européen (BUDG), Piotr Serafin aura fort à faire dans les années à venir, s’il venait à recevoir le feu vert des eurodéputés, après son audition de novembre.
« Honnêtement, je n’aimerais pas être à sa place, même si, bien sûr, je lui souhaite bonne chance », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Piotr Serafin devra notamment négocier le futur cadre financier pluriannuel de l’UE, le budget de l’année prochaine, et mener des discussions pour trouver une manière de rembourser la dette contractée par l’UE pour le financement du fonds de relance post-pandémie.
Le nouveau système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE2), qui entrera en vigueur en 2027 et qui couvrira les secteurs du bâtiment et du transport routier, pourrait selon certains être une des sources de financement. D’autres proposent plutôt une augmentation des contributions des États membres au budget de l’Union.
Fonds de cohésion, dette commune et Ukraine
Une autre question importante sera la réforme prévue de la politique de cohésion de l’UE, qui devrait mettre l’accent sur l’innovation et la transition numérique. Selon Bogdan Rzońca, certains bénéficiaires de cette politique craignent que le changement des priorités de l’UE n’entraîne une diminution des fonds disponibles pour la construction d’infrastructures.
Il s’agit bien sûr d’une question particulièrement importante pour la Pologne, premier bénéficiaire des fonds de cohésion.
Le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’Union est également une source de désaccord entre les Vingt-Sept, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark s’opposant à une nouvelle dette commune de l’UE.
Parallèlement à ces questions, l’UE devra également trouver des fonds pour continuer à soutenir l’Ukraine.
Les auditions des aspirants commissaires par les commissions parlementaires auront lieu entre les 4 et 12 novembre.
Pour Bogdan Rzońca, Piotr Serafin ne devrait pas faire face à de grosses difficultés, alors que la nomination du Polonais n’était pas particulièrement controversée, même si certains eurodéputés occidentaux pourraient s’offusquer que l’on confie le dossier du budget à un candidat issu du pays qui est le plus grand bénéficiaire des fonds de l’UE.
Selon Bogdan Rzońca cependant, aucun autre État ne voulait de ce portefeuille.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]