Les dirigeants de l’UE et des pays du Golfe se rencontrent sur fond d’escalade au Moyen-Orient

Pour la première fois, l’Union européenne et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) se réunissent ce mercredi 16 octobre à Bruxelles, pour des discussions qui risquent d’être assombries par l’escalade des tensions au Moyen-Orient.

EURACTIV.com
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Si les relations commerciales, la coopération énergétique et le changement climatique sont les principaux points à l’ordre du jour du sommet de mercredi, la guerre d’Israël à Gaza et au Liban devrait dominer les discussions, selon des responsables de l’UE. [Consilium/European Union]

Pour la première fois, l’Union européenne (UE) et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) se réunissent mercredi 16 octobre à Bruxelles, pour des discussions qui risquent d’être assombries par l’escalade des tensions au Moyen-Orient.

Au cours de l’année écoulée, l’UE a cherché à resserrer ses liens avec les pays du Golfe, une région qui regroupe l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis (EAU), le Koweït, l’Oman et le Qatar.

Si les relations commerciales, la coopération énergétique et le changement climatique sont les principaux points à l’ordre du jour du sommet de mercredi, la guerre menée par Israël à Gaza et au Liban devrait dominer les discussions, selon des responsables de l’UE.

« Nous partageons les mêmes préoccupations concernant la paix et la sécurité dans l’ensemble de la région », a affirmé Josep Borrell — le chef de la diplomatie de l’UE — aux journalistes avant un dîner de travail avec les ministres des Affaires étrangères du CCG mardi 15 octobre.

Alors que le sommet est en préparation depuis deux ans, les responsables européens et des pays du Golfe affirment que cette réunion est devenue d’autant plus essentielle face au risque d’une guerre régionale plus large au Moyen-Orient.

« Je m’attends à ce que le Moyen-Orient soit au cœur des discussions, notamment en raison du rôle joué par certains pays du Golfe dans la recherche d’un cessez-le-feu », a indiqué un fonctionnaire de l’UE à la veille du sommet.

« L’un des objectifs est d’éviter une catastrophe générale ; les deux parties sont inquiètes à ce sujet », a-t-il ajouté.

Toutefois, l’UE a jusqu’à présent eu des difficultés à aborder la guerre menée par Israël à Gaza — suite à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 — et l’escalade au Liban, — où Israël a promis d’anéantir le Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Présences et absences

Selon un document publié tard dans la nuit de mardi à mercredi, quatre des six pays du Golfe — l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et le Bahreïn — seront représentés par leurs dirigeants.

Une apparition particulièrement controversée sera celle du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du pays, qui était devenu « persona non grata » dans l’UE et d’autres nations occidentales après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.

Les Émirats arabes unis, qui ont longtemps et vainement cherché à conclure un accord commercial bilatéral avec l’UE, seront représentés seulement par leur vice-premier ministre, Maktoum ben Mohammed Al Maktoum. Le Sultanat d’Oman enverra également son vice-premier ministre, Taimur bin Asa’ad.

La plupart des dirigeants européens devraient assister au sommet conjoint, avec la notable absence du chancelier allemand Olaf Scholz, qui a demandé à être représenté par le président français Emmanuel Macron.

Avant le sommet, les fonctionnaires de l’UE s’inquiétaient d’ailleurs du niveau de participation des États membres, étant donné que la réunion est prévue juste avant le Conseil européen, un sommet des chefs d’État de gouvernement de l’UE qui se tiendra jeudi 17 et vendredi 18 octobre.

L’UE sera représentée par son trio au complet : le président du Conseil européen Charles Michel, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, et Josep Borrell, le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères.

Il y a deux mois, Charles Michel avait entamé une tournée dans les pays du Golfe pour faire pression en faveur de leur participation.

[Édité par Anna Martino]