Les émeutes en Hongrie inquiètent l'UE [FR]

Les tensions actuelles en Hongrie révèlent l'instabilité politique dont sont victimes certains nouveaux Etats membres de l'UE, mais suscitent également des inquiétudes au sujet des pays candidats. 

Les tensions actuelles en Hongrie révèlent l’instabilité politique dont sont victimes certains nouveaux Etats membres de l’UE, mais suscitent également des inquiétudes au sujet des pays candidats. 

Les récentes images d’émeutier hongrois ont choqué les médias occidentaux, mais ont également révélé la fragilité des systèmes économiques et politiques de certains nouveaux Etats membres. L’UE est préoccupée par la situation politique en Hongrie, mais également en Pologne et en Slovaquie. 

La crise en Hongrie a été déclenchée par les déclarations du Premier ministre Ferenc Gyurcsány, qui a reconnu avoir menti sur l’état de l’économie durant la campagne électorale d’avril 2006. On ignore pour le moment si le Premier ministre sera poursuivi, mais les prochaines élections locales devraient envoyer un avertissement clair au parti au pouvoir.

Comme la plupart des gouvernements des nouveaux Etats membres, la Hongrie a du mal à respecter les critères d’adhésion à la zone euro. Son déficit budgétaire conséquent, qui devrait atteindre plus de 10% du PIB, est l’un des principaux obstacles. Plusieurs nouveaux Etats membres ont l’impression de soit remplir les critères de convergence, soit renforcer leur croissance économique et soutenir leurs systèmes sociaux par des déficits budgétaires. Les quatre pays de Visegrád (la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie) ont récemment déclaré qu’ils ne pensaient pas être prêts à adhérer à la zone euro dans un avenir proche.

Ces difficultés viennent s’ajouter à l’actuelle ‘lassitude’ des citoyens européens à l’égard de l’élargissement, alors que la Bulgarie et la Roumanie s’apprêtent à rejoindre l’UE en 2007. L’UE est également inquiète au sujet de leur stabilité politique et de leur capacité à lutter contre la corruption, ce qui explique pourquoi la Commission a l’intention d’imposer des conditions strictes à l’adhésion des deux pays, allant même jusqu’à les menacer de suspendre son aide financière s’ils ne remplissent ces conditions.