Les Espagnoles en grève pour dénoncer les inégalités

L’écart salarial entre hommes et femmes, la violence de genre et le machisme sont les principaux obstacles à l’égalité des sexes en Europe. Les Espagnoles débraient le 8 mars pour défendre leurs droits . Un article de notre partenaire, Euroefe.  

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Les femmes gagneraient moins que les hommes dans tous les États membres de l’Union. [[EFE/ Salvador Sas]]

L’écart salarial entre hommes et femmes, la violence de genre et le machisme sont les principaux obstacles à l’égalité des sexes en Europe. Les Espagnoles débraient le 8 mars pour défendre leurs droits . Un article de notre partenaire, Euroefe.

La Journée internationale des femmes est encore plus attendue dans des pays comme l’Espagne, où une grève en faveur du droit des femmes a été organisée pour dénoncer l’inégalité et la discrimination homme-femme qui se reflètent dans les statistiques.

Selon le rapport sur la vie des femmes et des hommes en Europe publié par Eurostat, les femmes gagnent 16,3 % de moins que les hommes dans l’Union européenne en 2015. En Espagne, la différence est de 14,9 %. Selon ce même rapport, l’écart salarial est moins important dans les professions où les salaires sont plus faibles. En effet, les plus grandes différences de salaire sont observées chez les cadres supérieurs.

Les femmes gagneraient moins que les hommes dans tous les États membres de l’Union. Les plus fortes différences sont observées en Estonie (26,9 %), République tchèque (22,5 %), Allemagne (22 %), Autriche (21,7 %) et au Royaume-Uni (20,8 %). L’écart est en revanche plus réduit au Luxembourg et en Italie (5,5 %), en Roumanie (5,8 %), en Belgique (6,5 %) et en Pologne (7,7 %). « Les écarts de salaires sont liés à nombre de facteurs culturels, légaux et socioéconomiques qui vont bien au-delà de la problématique ‘à travail égal, salaire égal’ », a indiqué Eurostat.

Le taux de chômage est également un autre problème qui touche les femmes. Dans 14 États membres, dont la Grèce (28,1 % pour les femmes, 19,9 % pour les hommes) et l’Espagne (21,4 % et 18,1 %), le taux de chômage est plus élevé pour les femmes, et dans 13 autres, il est plus élevé pour les hommes. Le taux de chômage en Hongrie est quant à lui égal pour les deux genres. Dans le cas inverse, en Irlande (6,5 % pour les femmes, 9,1 % pour les hommes), Lettonie (8,4 % et 10,9 %) et en Lituanie (6,7 %), les hommes sont plus touchés par le chômage.

Dans le domaine du travail, les statistiques montrent une autre constante : les emplois sont encore répartis selon le sexe de la personne. Ainsi, selon une étude de l’UE, les femmes sont plus nombreuses dans les professions dédiées aux soins de beauté, au nettoyage et à l’enseignement. Les 20 professions les plus exercées pour 76 % des femmes travaillant en Europe sont liées aux soins de beauté (89 % de femmes), au nettoyage (84 %), aux emplois de bureau (80 %), aux soins de santé (78 %) et à l’enseignement (71 %).

En revanche, les hommes sont plus souvent employés dans la construction (97 %), dans le transport (96 %), la métallurgie (96 %) et dans les sciences et l’ingénierie (74 %).

Le harcèlement sexuel, un problème européen

55 % des Européennes ont subi une ou plusieurs formes de harcèlement sexuel au cours de leur vie, selon l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. En Espagne, ce sont les jeunes femmes de 18 à 34 ans qui affirment le plus souvent avoir été victimes de harcèlement sexuel (47 %). Ce pourcentage diminue à mesure que l’âge des femmes interrogées augmente.

Une Espagnole sur trois (32 %) a été victime de harcèlement sexuel au moins une fois, et 26 % disent avoir subi des attouchements sexuels ou des tentatives d’attouchements au cours de leur vie, selon une enquête de Metroscopia publiée par le journal espagnol El País. De plus, 33 % des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles à partir de l’âge de 15 ans, selon l’enquête publiée.

76 % des femmes interrogées dans l’enquête espagnole estiment qu’elles ont une vie « plus difficile » que les hommes. 80 % des répondants des deux genres pensent qu’en Espagne, « les comportements machos prédominent » ; 65 % ont déclaré que ces comportements sont les mêmes qu’il y a 20 ans et 79 % estiment que « davantage d’affaires de harcèlement sexuel éclatent au grand jour que par le passé ».

Les tâches ménagères, réservées aux femmes ?

Dans tous les États membres, il y a une part plus grande de femmes que d’hommes qui s’occupent des enfants, de la maison et de la cuisine. Selon le rapport publié par Eurostat, en 2016, dans l’UE, 92 % des femmes de 25 à 49 ans (ayant des enfants de moins de 18 ans) s’occupent quotidiennement de leurs enfants, contre seulement 68 % des hommes qui le font également. En Suède et en Slovénie, ces tâches sont réparties presque de façon égale.

Selon ce même rapport, les différences sont encore plus prononcées pour les tâches ménagères et la cuisine. Dans l’UE, en 2016, 79 % des femmes cuisinent ou font le ménage quotidiennement, contre 34 % des hommes.