Les États membres lèvent les restrictions Covid mais l’OMS appelle à la prudence

Dans toute l’UE, les États membres suppriment les mesures restrictives Covid-19. Toutefois, l’OMS a recommandé aux pays de rester prudents, notamment en raison de la transmissibilité du sous-variant d’Omicron, le BA.2.

EURACTIV.com
Christmas Eve in Madrid amid pandemic woes
« Cette augmentation de la transmission, en particulier chez les personnes âgées, entraîne une détérioration des indicateurs de sévérité », a indiqué le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) le 24 mars. [EPA-EFE/JUANJO MARTIN]

Dans toute l’Union européenne, les États membres suppriment les mesures restrictives relatives à la Covid-19 comme le port obligatoire d’un masque à l’intérieur des bâtiments. Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé aux pays de rester prudents, notamment en raison de la transmissibilité du sous-variant d’Omicron, le BA.2.

Mercredi 30 mars, la Lituanie a annoncé qu’à partir du 4 avril, l’obligation du port du masque à l’intérieur des bâtiments serait levée. Cette décision suit celle de nombreux autres États membres, dont les Pays-Bas, la Belgique et la France.

Ces annonces interviennent à un moment où les contaminations par la Covid-19 sont en hausse, en raison de la prolifération d’un sous-groupe du variant Omicron, le BA.2. En février, l’OMS a signalé que la BA.2 semble plus transmissible que le premier sous-variant d’Omicron, le BA.1.

Le Statens Serum Institut (SSI) danois avait rapporté en janvier que les premières analyses ne montraient aucune différence entre les hospitalisations dues au BA.2 et celles dues au BA.1.

La gestion du sous-variant BA. 2

Cependant, l’UE et l’Espace économique Européen (EEE) ont connu une augmentation continue des cas pour la deuxième semaine consécutive, le groupe connaissant la plus forte hausse étant celui des personnes âgées de 65 ans et plus parmi lequel le nombre de cas a augmenté de près d’un quart.

« Cette augmentation de la transmission, en particulier chez les personnes âgées, entraîne une détérioration des indicateurs de sévérité », peut-on lire dans le dernier aperçu par pays du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), publié le 24 mars.

Bien que le taux de mortalité global ait diminué de près de 20 % par rapport à la semaine précédente, six pays ont signalé une augmentation des taux de mortalité, dont deux ont atteint leur niveau le plus élevé à ce jour, peut-on lire dans l’aperçu. Onze pays ont également signalé des augmentations des indicateurs hospitaliers.

Lors d’un point presse qui a eu lieu mercredi (30 mars), le responsable des opérations d’urgence de l’OMS, Michael Ryan, a prévenu que les pays devaient « s’ouvrir […] avec prudence et de manière cohérente avec les stratégies précédentes ».

« Selon la stratégie que les pays avaient auparavant adoptée, en termes de niveau d’exposition de leur population, une ouverture rapide et la suppression de toutes les restrictions entraînent presque certainement un rebond des contaminations », a averti M. Ryan.

Il a ajouté que les systèmes de santé européens subissent une « pression accrue » en raison du « degré supplémentaire » de transmissibilité et de réinfection du BA.2.

« Ainsi, même si la pandémie est moins grave et que la population est mieux protégée, il est toujours possible qu’elle exerce une pression sur les systèmes de santé », a-t-il expliqué.

Évolution de la pandémie en 2022

Maria Van Kerkhove, épidémiologiste des maladies infectieuses et responsable technique Covid-19 à l’OMS, a ajouté qu’il ne s’agit pas seulement de sauver des vies grâce à la vaccination, mais aussi de freiner la propagation du virus.

« Si nous ne nous efforçons pas de réduire également la propagation, nous continuerons à voir évoluer le virus », a-t-elle déclaré, soulignant que l’impact et la gravité des futurs variants sont incertains. « Nous devons nous préparer à toutes ces éventualités. Nous recommandons donc des approches agiles, nous recommandons des approches adaptées », a-t-elle poursuivi.

Mercredi, l’OMS a publié son plan de préparation et de réponse stratégique pour faire face à la pandémie de Covid-19 en 2022.

Le plan présente trois scénarios possibles concernant l’évolution de la pandémie de Covid-19 cette année. Lors de la présentation du plan, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé que « le scénario le plus probable est que le virus continue d’évoluer ».

Il a ajouté que, dans ce scénario, la gravité de la maladie causée par le virus devrait diminuer au fil du temps, car l’immunité continuerait à augmenter grâce à la vaccination et aux contaminations.

« Dans le meilleur des cas, nous pourrions voir apparaître des variants moins graves, et des rappels ou de nouvelles formules de vaccins ne seront pas nécessaires. Dans le pire des cas, un variant plus virulent et hautement transmissible émergera », a déclaré M. Tedros.

Il a présenté cinq actions nécessaires pour « mettre fin à la phase aiguë de la pandémie cette année ». Parmi celles-ci, on retrouve évidemment la vaccination et les centres de surveillance, mais il a souligné que les mesures de distanciation sociale restent l’un des outils clés pour endiguer la propagation du virus.