Les eurosceptiques allemands s'opposent à la nomination de Pierre Moscovici

Hans-Olaf Henkel, eurodéputé allemand eurosceptique, critique la désignation de l'ex-ministre français au poste de Commissaire aux Affaires économiques et monétaires. Son parti, Alternative für Deutschland (AfD), ainsi que le groupe des conservateurs et réformistes européens, envisage de s'opposer à sa nomination.

EURACTIV.de
Hans-Olaf Henkel est l’un des chefs du Alternative für Deutschland (Crédit photo : Parlement européen)
Hans-Olaf Henkel est l'un des chefs du Alternative für Deutschland (Crédit photo : Parlement européen)

Hans-Olaf Henkel, eurodéputé allemand eurosceptique, critique la désignation de l’ex-ministre français au poste de Commissaire aux Affaires économiques et monétaires. Son parti, Alternative für Deutschland (AfD), ainsi que le groupe des conservateurs et réformistes européens, envisage de s’opposer à sa nomination.

Les critiques sur la nomination de Pierre Moscovici au poste de commissaire aux Affaires économiques et monétaires restent vives en Allemagne. Hans-Olaf Henkel, eurodéputé allemand du parti Alternative für Deutschland (AfD), le décrit comme « un cheval de Troie français à l’intérieur de la Commission européenne », dans une interview à EURACTIV Allemagne. « C’est une grande déception, et quasiment un scandale, que M. Moscovici ait été nommé à ce poste  » déclare-t-il. Cela revient à enfermer le loup dans la bergerie.»

Le gouvernement allemand s’était auparavant élevé contre la nomination de Pierre Moscovici à ce poste, étant donné que le déficit public français dépasse les 3% autorisés par le Traité de Maastricht.

« Je pense qu’il s’agissait d’une feinte », commente Hans-Olaf Henkel, avançant que ce n’était pas la première fois que le gouvernement allemand agit ainsi : « Depuis mai 2010, à chaque fois qu’exécutif allemand accepte quelque chose, c’est après avoir affiché dégoût ou indignation. Mais presque à chaque fois, les Français s’imposent. » Il fait notamment référence  à la création du Fonds européen de stabilité financière et à la mise en place de la supervision bancaire.

« Nous refuserons certainement la nomination de Pierre Moscovici», conclut l’eurodéputé. Il précise parler au nom des 7 eurodéputés AfD, tout en soulignant que son  groupe ECR, le groupe des conservateurs et réformistes européens, fera probablement de même. Le groupe des conservateurs et réformistes disposent de 70 eurodéputés, dont les conservateurs britanniques (Tories).

En Allemagne, l’AfD gagne du terrain

Fondé en 2013, l’AfD demande la dissolution progressive de la zone euro, et la création de petits blocs d’union monétaire plus homogènes. Le parti a manqué de peu son entrée au Parlement allemand, lors des législatives de septembre 2013, où il a récolté 4,7% des voix. Il a en revanche eu davantage de succès lors du scrutin européen de mai dernier, à l’issue duquel il a obtenu sept eurodéputés.

Ces dernières semaines, l’AfD a fait son entrée dans trois parlements régionaux allemands : celui de la Saxe, où il a obtenu près de 10% des voix fin août ; ainsi que ceux de Brandenbourg et de Thuringe, où il a respectivement récolté 12 et 10% des suffrages le week-end dernier. « Cela nous donne un élan très fort », a déclaré Bernd Lucke, le chef du parti.