Les fonds de la BEI favorisent-ils le transport routier et aérien [FR]

Selon une ONG, les priorités de la Banque européenne d'investissement vont à l'encontre des défis à long terme de l'UE, à savoir le transport durable et le changement climatique. Toutefois, le lobby routier considère que de bonnes routes contribue à améliorer l'environnement.

Selon une ONG, les priorités de la Banque européenne d’investissement vont à l’encontre des défis à long terme de l’UE, à savoir le transport durable et le changement climatique. Toutefois, le lobby routier considère que de bonnes routes contribue à améliorer l’environnement.

CEE Bankwatch Network, une ONG effectuant une veille des activités financières internationales dans le but d’éviter une utilisation néfaste des fonds destinés au développement sur le plan environnemental et social, a appelé la Banque européenne d’investissement à abandonner sa « culture des avions, des prêts et des automobiles ».

Le rapport « Lost in Transportation » (perdu dans les transport) de l’ONG, examine les projets de transports financés par la BEI entre 1996 et 2005. Il révèle que la BEI accorde trois fois plus de prêts à l’industrie automobile qu’aux autres secteurs industriels. Selon le rapport, 31% des prêts de la BEI destinés à l’industrie à travers le monde soutient le secteur de la construction automobile. 

L’organisme de surveillance financière en arrive à la conclusion que la BEI favorise les projets du transport aérien et routier et que, par conséquent, elle ne suit pas les priorités de l’UE en matière de transport qu’elle est supposée mettre en œuvre. Au lieu de cela, l’institution « négligerait les [politiques européennes] les plus progressistes telles que les politiques visant à favoriser le déplacement du trafic vers le transport ferroviaire et à répondre au problème du développement de la mobilité ».

CEE Bankwatch Network appelle la BEI à réduire ses prêts destinés à l’entretien ou l’amélioration de la sécurité dans le secteur routier et l’industrie automobile. L’institution financière est également priée de suspendre son investissement dans le secteur aérien, « déjà fortement subventionné et qui représente la source d’émissions de CO2 dont la croissance est la plus rapide au sein de l’UE ». 

L’ONG recommande à la place un soutien accru de la BIE au secteur ferroviaire, au transport public urbain, au transport intermodal, à la gestion du transport ainsi qu’à la recherche et au développement dans ses technologies plus écologiques et plus sûres.

Début avril 2007, la Fédération routière européenne (ERF) a publié un rapport indiquant qu’il était nécessaire d’investir davantage dans les infrastructures routières « afin de supprimer les étranglements, d’éviter les centres-villes et de compléter les chaînons manquants ». Selon le rapport, les mauvaises infrastructures routières « coûtent des milliards en carburant chaque année et contribuent sans aucun doute à l’empreinte environnementale du secteur des transports ».