Les leaders mondiaux réclament des mesures d'urgence pour résoudre la crise européenne
Hier (16 janvier), des dirigeants mondiaux et des hommes d'affaires ont exhorté l'Europe à prendre de nouvelles mesures pour résoudre sa crise de la dette. Un haut dirigeant du FMI a affirmé que le vieux continent subirait les affres d'une « spirale baissière d'effondrement de la confiance » s'il ne réagissait pas rapidement.
Hier (16 janvier), des dirigeants mondiaux et des hommes d'affaires ont exhorté l'Europe à prendre de nouvelles mesures pour résoudre sa crise de la dette. Un haut dirigeant du FMI a affirmé que le vieux continent subirait les affres d'une « spirale baissière d'effondrement de la confiance » s'il ne réagissait pas rapidement.
Ces commentaires ont été prononcés juste après la dégradation par Standard & Poor's de la notation de crédit de neuf pays de la zone euro. L'initiative prise par l'agence a secoué les marchés financiers qui craignent que l'euro ne s'effondre, ce qui pourrait entraîner une récession à l'échelle mondiale.
« Faute […] d'agir, l'Europe sera précipitée dans une spirale baissière d'effondrement de la confiance, de stagnation de la croissance et de raréfaction des emplois », a déclaré hier David Lipton, premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international, lors du cinquième Forum financier asiatique à Hong Kong.
Mais « avec des mesures décisives en Europe et un soutien mondial à l'Europe, il est possible d'éviter une nouvelle phase de la crise », a-t-il ajouté.
M. Lipton a exhorté les pays dont l'inflation a récemment ralenti à interrompre le resserrement de leur politique monétaire pour soutenir la croissance économique mondiale. Il a également affirmé que l'Asie devrait jouer un rôle plus important au sein du FMI.
Autre évènement du week-end, les négociations sur un échange de créances par les investisseurs privés, considéré comme crucial pour éviter un défaut de paiement à la Grèce, ont été interrompues en l'absence d'un accord à Athènes. Les autorités ont toutefois affirmé que les discussions devraient reprendre cette semaine.
Si la Grèce ne parvient pas à convaincre les banques et les assureurs d'accepter d'encaisser des pertes sur leurs titres, la première tranche d'un nouveau plan d'aide européen ne lui sera pas versée. Cette éventualité pourrait précipiter le pays vers la faillite, dans la mesure où il devra rembourser 14,4 milliards d'euros de bons du Trésor arrivant à maturité à la fin du mois de mars.
Si la crise européenne s'aggravait encore, aucun pays, aucune région ne serait épargné, a déclaré M. Lipton. Il a précisé que l'Asie avait tout intérêt à ce que l'Europe résolve ses problèmes.
Lors du même forum, le ministre britannique des finances, George Osborne, a applaudi les progrès réalisés par la zone euro, mais il a lui aussi affirmé que des mesures supplémentaires étaient nécessaires.
« La zone euro a fait des progrès au cours de ces derniers mois, notamment en ce qui concerne les liquidités apportées aux banques par la BCE », a expliqué M. Osborne.
« Il reste bien sûr beaucoup à faire et les dirigeants de la zone euro le reconnaissent. »
Le président d'HSBC, Douglas Flint, a également souligné la nécessité de prendre des mesures rapidement.
« Les marchés doivent accepter, reconnaître qu'il existe un mécanisme pour renforcer ou mettre en place une discipline budgétaire », a-t-il déclaré lors du forum.
Aide asiatique
Le vice-ministre japonais des finances pour les affaires internationales, Takehiko Nakao, a déclaré que les banques de son pays étaient prêtes à intervenir si les établissements européens poursuivaient ce mouvement de « deleveraging ».
« Je me suis entretenu récemment avec de hauts responsables de banques et ils m'ont dit qu'ils étaient prêts à fournir davantage d'argent pour l'investissement et le commerce », a déclaré M. Nakao.
« Ils envisagent également d'investir davantage, mais la situation est très complexe. Les banques l'ont fait dans les années 1980 et ça n'a pas eu beaucoup de succès, donc elles doivent rester très prudentes. »
Les dirigeants européens se réuniront lors d'un sommet à la fin du mois pour tenter de stimuler la croissance et l'emploi.
Lors du sommet du 9 décembre dernier, ils ont décidé de rédiger un nouveau traité pour une intégration économique renforcée de la zone euro, mais personne ne sait si les nouvelles mesures qui seront prises pour enrayer la crise de la dette seront efficaces.
M. Lipton a expliqué qu'il fallait plus de liquidités pour gérer la crise, que ce soit du côté des banques ou des dettes souveraines et qu'une consolidation budgétaire était essentielle. Le rythme de l'ajustement de cette consolidation devra être étayé par la croissance et faire preuve de prudence et de crédibilité, a-t-il ajouté.
Il a affirmé que les banques avaient besoin de plus de capitaux pour réduire l'ampleur du désendettement et à terme de plus d'intégration, que ce soit au niveau budgétaire ou financier, pour assurer la viabilité et la stabilité de l'union monétaire en Europe.
« Le désendettement menace aujourd'hui de faire passer la croissance mondiale en dessous de nos prévisions déjà revues à la baisse », a déclaré M. Lipton, sans pour autant entrer dans les détails.
Il a ajouté que l'économie américaine avait montré des signes surprenants de vigueur au quatrième trimestre de l'an dernier, même si les tensions actuelles liées au budget du pays restent préoccupantes.
L'économie de la Chine a été touchée par le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et en Europe, mais on peut exclure le scénario d'un atterrissage catastrophe de son économie, a-t-il affirmé.