Les membres de l'UE de l'est veulent faire entendre leurs voix
Malgré un intérêt particulier dans les domaines comme la sécurité énergétique ou la politique de voisinage, les pays de l'est de l'Europe qui ont rejoint l'UE en 2004 et 2007 ne décident pas encore de l'agenda, d'après une nouvelle étude.
Malgré un intérêt particulier dans les domaines comme la sécurité énergétique ou la politique de voisinage, les pays de l'est de l'Europe qui ont rejoint l'UE en 2004 et 2007 ne décident pas encore de l'agenda, d'après une nouvelle étude.
Les spéculations se sont multipliées avant la dernière vague d'élargissement à douze nouveaux Etats membres, selon lesquelles le système de prise de décision de l'UE finirait par être bloqué.
Mais aucune difficulté majeure n'est apparue, revendique une étude ambitieuse présentée par le département de sciences politiques de l'Université Comenius de Slovaquie.
L'étude, qui a été présentée le 1er juin à Bruxelles, dit que contrairement à l'idée reçue, les membres de l'UE de l'est sont en général favorables à une intégration européenne approfondie, à l'exception d'un nombre limité de domaines, comme les impôts ou la politique sociale.
L'étude a été conduite sur une période de deux ans et demi, et contient des entretiens avec plus de cent fonctionnaires à Bruxelles et dans les capitales nationales.
Les chercheurs ont voulu évaluer l'impact de ces pays sur les prises de décision depuis leur adhésion à l'UE. Elle examine particulièrement les cas de la Slovaquie, la République tchèque, la Pologne, la Hongrie, la Slovénie, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie (qui ont rejoint l'UE en 2004) et de la Bulgarie et la Roumanie (qui les ont suivis en 2007). Malte et Chypre, qui sont devenus membres de l'UE en 2004, ne sont pas concernés par l'étude, car selon les auteurs ils représentent un cas différent.
La prise de décision n'est pas plus difficile
Contrairement aux craintes de certains anciens Etats membres, la prise de décision dans l'Union n'est pas devenue plus difficile suite à l'élargissement, a affirmé Vladimir Bil?ík de l'Université Comenius.
En effet, les nouveaux membres votent rarement contre une mesure controversée au Conseil des ministres, a-t-il expliqué.
En moyenne, le soutien des 27 de l'UE sur des décisions qui divisent votées à la majorité qualifiée au Conseil est de 93,7 %, a affirmé M. Bil?ík. Seuls la Pologne et la Lituanie sont en dessous de cette moyenne, a-t-il poursuivi. Varsovie et Vilnius ont posé leurs veto sur des discussions concernant le nouveau traité de base avec la Russie en 2008.
Pendant la période 2004-2009, la Pologne a apporté son soutien à 91,2 % des mesures controversées, alors que la Lituanie n'en a soutenu que 92 %. Par contre, sur la même période, des Etats membres plus anciens tels que le Royaume-Uni ou la Suède sont classés plus bas, à 87,9 % et 83,7 % respectivement- alors que les Pays-Bas arrivent à 89 %.
Sur 150 décisions prises à la majorité qualifiée en 2009, le Royaume-Uni en a soutenu 88,6 %, l'Autriche 86 % et le Danemark seulement 74 %. En comparaison, la plupart des pays d'Europe de l'est – notamment la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie, la Slovénie, la Pologne, la Lituanie, l'Estonie et la Bulgarie – n'ont pas contesté la moindre décision prise à la majorité qualifiée pendant cette année.
Leur taux d'approbation en 2009 s'est maintenu à un taux stupéfiant de 100 %, la Roumanie et la Lettonie étant les seuls à avoir fait moins, 98 et 96 % respectivement, révèle l'étude.
Pas de décisions sur l'agenda
L'aspect négatif de ce taux d'approbation, c'est que les nouveaux Etats membres ne prennent pas vraiment de décision sur l'agenda, a expliqué M. Bil?ík. Les seules exceptions, selon lui, sont le Partenariat oriental de l'UE et l'énergie nucléaire.
Les auteurs sont également arrivés à la conclusion selon laquelle les formations régionales actuelles, telles que le Groupe de Visegrád (qui comprend la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie) n'avait généré aucune initiative majeure depuis 2004.
Piotr Kaczy?ski, chercheur au Centre for European Policy Studies (CEPS), qui s'est rendu à la présentation, a dit que si l'idée politique ne prenait pas son envol au format de Visegrád, il était évident qu'elle ne pouvait pas se développer au format de l'UE non plus.
EURACTIV a demandé aux auteurs pourquoi les différences entre l'est et l'ouest au regard des questions du changement climatique (EURACTIV 21/10/09) et de la stratégie Europe 2020, sur laquelle les pays du Visegrád ont exprimé des points de vue tranchés (EURACTIV 25/03/10), n'avaient pas été mises en avant dans l'étude.
Darina Malová de l'Université Comenius a expliqué que ces questions n'avaient pas été soulevées lors des entretiens. En ce qui concerne Europe 2020, une récente initiative qui allait au-delà du calendrier du projet, elle a dit que les sondés avaient peu évoqué son prédécesseur, la stratégie de Lisbonne.
Certains ont dit que cela leur rappelait le plan quinquennal de la période communiste, a ajouté Mme Malová.