Les ministres de la zone euro approuvent le plan de sauvetage grec et en demandent plus à l'Espagne

Les ministres des finances de la zone euro ont donné leur accord final à un second renflouement pour la Grèce hier soir (12 mars). Ils ont ensuite abordé la question de l'Espagne et ont exigé qu'elle adopte un objectif de déficit plus ambitieux cette année pour pouvoir remettre son économie sur les rails dès 2013.  

EURACTIV.com / Reuters
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Les ministres des finances de la zone euro ont donné leur accord final à un second renflouement pour la Grèce hier soir (12 mars). Ils ont ensuite abordé la question de l'Espagne et ont exigé qu'elle adopte un objectif de déficit plus ambitieux cette année pour pouvoir remettre son économie sur les rails dès 2013.
 

La semaine dernière, la Grèce, le pays le plus touché par la crise de la dette, a échangé ses obligations aux mains de créanciers privés contre des titres à plus longue échéance et dont la valeur nominale a été réduite de moitié. Cet échange a permis au pays de réduire sa dette de plus de 100 milliards d'euros.

Les ministres de la zone euro ont donc décidé de donner leur feu vert final au plan de sauvetage de 130 milliards d'euros qui financera Athènes jusqu'en 2014. Cette décision sera officialisée mercredi.

« Comme convenu, le nouveau financement de 130 milliards d'euros sera alloué par la zone euro et le FMI pour une période allant de 2012 à 2014 », a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, lors d'une conférence de presse.

Grâce à un taux élevé de participation à l'échange, la dette de la Grèce devrait passer sous la barre des 120 % du PIB en 2020 pour atteindre 117 %, contre 160 % aujourd'hui, a-t-il expliqué.

Alors que les problèmes financiers de la Grèce semblent aujourd'hui en passe de se régler, l'Espagne représente un nouveau défi. Après avoir annoncé que le précédent gouvernement n'avait pas atteint son objectif de déficit en 2011, les nouveaux dirigeants ont annoncé qu'ils ne parviendraient pas non plus à respecter l'objectif de cette année.

L'Espagne devait ramener son déficit à 4,4 % du produit intérieur brut en 2012, mais elle ne pourra apparemment pas descendre plus bas que 5,8 %, dans la mesure où elle se dirige vers la récession. En 2011, son déficit était de 8,5 %, bien au-dessus de l'objectif de 6 %.

Dans un communiqué, l'Eurogroupe a déclaré que l'Espagne devrait faire son possible pour atteindre un objectif de déficit de 5,3 % cette année. Il s'agit là d'un objectif revu à la baisse, mais qui laisse l'Espagne sous pression.

« Le gouvernement espagnol s'est dit prêt à envisager cette possibilité au cours du processus budgétaire », a-t-il déclaré.

La zone euro souhaite que l'Espagne, une économie bien plus grande que la Grèce qui n'a pour le moment pas dû avoir recours à un renflouement, ne donne pas l'impression aux marchés financiers qu'elle replonge dans la crise alors qu'Athènes commence tout juste à sortir la tête de l'eau.

« Il sera de la responsabilité des autorités espagnoles de choisir les initiatives qui devront être prises pour réduire le déficit budgétaire en 2012, le plus important restant l'objectif pour 2013 », a déclaré M. Juncker.

« Ce qui est moins important, mais important tout de même, c'est la voie choisie en 2012. »

Les Etats membres s'engagent à respecter leurs objectifs

Madrid a promis de ramener son déficit à 3 % du PIB l'an prochain, mais elle voudrait que le déficit actuel qui reste élevé et le ralentissement de la croissance économique soient pris en compte dans la définition de l'objectif pour 2012.

« La position de l'Espagne, c'est que deux choses ont changé. La première, c'est qu'il y a eu l'an dernier une déviation de 2,5 points de pourcentage sur le déficit public. La seconde, c'est que les circonstances en termes de croissance économique ont changé de manière significative », a expliqué le ministre espagnol de l'économie, Luis de Guindos.

« L'engagement de l'Espagne envers les règles budgétaires est absolu. »

La Commission européenne prévoit que l'économie espagnole se contractera de 1 % cette année après avoir cru de 0,7 % en 2011. Ses prévisions ont donc été revues à la baisse par rapport au 0,7 % de croissance précédemment annoncé.

Plusieurs autres pays de la zone euro se sont également engagés à respecter leurs objectifs budgétaires.

La Belgique a affirmé ce week-end qu'elle atteindrait ses objectifs et a présenté des mesures lui permettant de réduire de près de 2 milliards d'euros ses dépenses. Cette initiative pourrait intensifier les pressions sur l'Espagne. Le Portugal et les Pays-Bas se sont également engagés à atteindre leurs objectifs.

Un pacte de stabilité et de croissance plus stricte, entré en vigueur en décembre dernier, prévoit des amendes pour les pays de la zone euro comme l'Espagne dont le déficit dépasse les 3 % du PIB et ne respectent pas leurs objectifs de réduction du déficit.