Les négociations pour la COP 21 démarrent à Genève
Les représentants de plus de 190 nations se sont retrouvés dimanche 8 janvier à Genève pour travailler sur un projet d'accord climatique.
Les représentants de plus de 190 nations se sont retrouvés dimanche 8 janvier à Genève pour travailler sur un projet d’accord climatique.
C’est à Genève que se sont retrouvés, le 8 janvier, les spécialistes du climat. Le marathon qui doit aboutir à un accord en fin d’année à Paris n’en est qu’à ses débuts, mais l’exercice est crucial : la semaine de négociations est la seule prévue avant le dépôt des positions nationales, attendues avant la fin mai 2015.
Objectif concision
Les deux co-présidents de la conférence annuelle ont déjà fait part de leurs priorités aux négociateurs : faire des 39 pages négociées à Lima un texte plus fluide, plus concis, plus cohérent. Les deux hommes ont l’habitude des négociations internationales ; l’Américain, Daniel Reifsnyder est un expert des négociations climatiques, tandis que l’Algérien Ahmed Djoghlaf a travaillé pour la branche de l’ONU traitant l’environnement, l’UNEP. Pour l’heure, le document de référence n’est pas vraiment un texte, mais une accumulation de propositions. Selon une source à la Commission, il y aurait déjà trop de propositions ; pourtant, l’UE souhaite en ajouter de son côté.
« Le problème, c’est que si les 190 pays arrivent avec le même projet d’ajouter des éléments, on ne va jamais s’en sortir » soupire Ian Anderson, directeur pour les questions climatiques chez WWF à Bruxelles.
Sous un aspect technique, les négociations qui démarrent seront donc assez politiques.
Pour la France, le premier objectif est surtout d’arriver à un vrai texte de négociation, mais court. « On a 39 pages pas très bien fichues. Il faut qu’on sorte avec une trentaine de pages, pas 200, avec un texte structuré » assure une source côté français.
L’UE reste vague
Du côté européen, on réfléchit déjà à la phase suivante. Tous les négociateurs doivent déposer leurs engagements auprès de l’ONU d’ici la fin mai. L’UE a décidé de le faire plus tôt, le 25 février. Il devrait s’agir d’un texte formel, et peu détaillé.
« La Commission se trouve coincée par l’orientation assez vague donnée par le Conseil européen ; elle ne peut pas vraiment détailler des politiques précises qui permettront d’aboutir à la réduction programmée de 40 % des émissions de CO2 d’ici 2030 », reconnaît Ian Anderson.
La Commission a indiqué cette semaine qu’elle publierait, en même temps que sa position officielle pour les négociations climatiques, une « communication » plus générale sur l’énergie et le climat.
Le marché du carbone, outil de référence de l’Union énergétique
Au sein d’un document sur l’Union énergétique discutée cette semaine au collège de la Commission, qu’EURACTIV s’est procuré, la Commission rappelle que le marché du carbone sera son principal outil pour lutter contre le changement climatique.
Selon le texte, « la pierre angulaire de la politique climatique de l’UE sera un marché du carbone qui fonctionne bien, qui donnera un vrai prix aux émissions de CO2 et stimulera les investissements dans les technologies bas-carbone. La Commission veut que le marché du carbone joue pleinement son rôle moteur pour les investissements bas-carbone, le marché énergétique interne, et le décollage des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. La Commission s’assurera que l’économie européenne demeure à armes égales en matière de compétitivité par rapport aux économies non européennes ».
émissions de CO2 et stimulera les investissements dans les technologies bas-carbone. La Commission veut que le marché du carbone joue pleinement son rôle moteur pour les investissements bas carbone, le marché énergétique interne, et le décollage des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. La Commission s’assurera que l’économie européenne demeure à armes égales en matière de compétitivité par rapport aux économies non européennes ».