Les partis indépendantistes catalans mettent la pression sur Pedro Sánchez

Le mois prochain sera crucial pour les Espagnols, qui sauront si le Premier ministre sortant Pedro Sanchez bénéficie d'un soutien suffisant pour continuer à exercer ses fonctions ou si le pays devra à nouveau se rendre aux urnes.

EFE avec EURACTIV.com
First parliamentary debate on Feijoo’s bid to be Spanish PM
M. Sánchez (PSOE/S&D) a besoin du soutien des deux principales forces séparatistes de Catalogne, le parti libéral-conservateur Junts Per Catalunya (JxCat, Ensemble pour la Catalogne) et le parti de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne). [[EPA-EFE/Juan Carlos Hidalgo]]

Le mois prochain sera crucial pour les Espagnols, qui sauront si le Premier ministre sortant Pedro Sánchez bénéficie d’un soutien suffisant pour continuer à exercer ses fonctions ou si le pays devra à nouveau se rendre aux urnes.

Le leader du Partido Popular, Alberto Núñez Feijóo, a échoué lors du second vote parlementaire vendredi dernier (29 septembre) pour devenir le nouveau Premier ministre espagnol. Il a obtenu 172 voix pour et 177 contre, n’atteignant pas les 176 voix nécessaires pour former un gouvernement, a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV.

De son côté, M. Sánchez (PSOE/S&D) a besoin du soutien des deux principales forces séparatistes de Catalogne, le parti libéral-conservateur Junts Per Catalunya (JxCat, Ensemble pour la Catalogne) et le parti de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne).

En échange de leur soutien, ils demandent à M. Sánchez une loi d’amnistie pour les personnes impliquées dans la tentative de sécession de 2017 et la tenue d’un référendum d’autodétermination.

Le président en exil d’ERC, Oriol Junqueras, a déclaré samedi (30 septembre) que l’amnistie « n’est pas un point final dans le processus de libération nationale » de la Catalogne, mais « tout le contraire », car elle représente « un pas essentiel de plus » vers l’indépendance.

Parmi les dernières demandes formulées par JxCat et ERC, il y a celle de permettre à leurs dirigeants poursuivis pour la tentative de sécession de 2017 de reprendre leurs fonctions publiques grâce à un référendum.

JxCat souhaite que son leader, Carles Puigdemont, en fuite depuis 2017 et actuellement à Waterloo, en Belgique, puisse revenir en politique en Espagne, tandis qu’ERC demande la même chose pour Oriol Junqueras.

Pression croissante sur Pedro Sánchez

Tant M. Sánchez que la dirigeante de la plateforme progressiste Sumar, Yolanda Díaz, ont de nouveau annoncé qu’ils négocieraient dans le cadre de la Constitution.

Pour accroître encore la pression, JxCat et ERC ont réussi la semaine dernière à faire adopter par le Parlement régional catalan une résolution demandant à tous les partis de ne pas soutenir M. Sánchez s’il ne s’engage pas à organiser un référendum.

« Le Parlement catalan est favorable à ce que les forces politiques représentées au Parlement ne soutiennent pas l’investiture d’un futur gouvernement espagnol qui ne s’engage pas à travailler pour rendre effectives les conditions de la tenue d’un référendum », peut-on lire dans le texte de la résolution.

Cependant, malgré l’unité — apparente —, les rivalités idéologiques entre les deux principaux partis séparatistes catalans compliquent les négociations. L’heure tourne.