Les patrouilles de l’UE aident à protéger la frontière entre la Grèce et la Turquie

Une équipe de plus de 150 gardes-frontières en provenance de plusieurs pays de l’UE ont prêté main forte aux forces de police grecques pour un tronçon poreux de la frontière du pays avec la Turquie. 115 immigrants illégaux furent arrêtés en quelques heures. 

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Une équipe de plus de 150 gardes-frontières en provenance de plusieurs pays de l’UE ont prêté main forte aux forces de police grecques pour un tronçon poreux de la frontière du pays avec la Turquie. 115 immigrants illégaux furent arrêtés en quelques heures. 

Une équipe de plus de 100 gardes-frontières de Frontex, l’agence européenne pour la coopération aux frontières extérieures, a commencé à travailler à la frontière séparant la Grèce et la Turquie ce vendredi (5 novembre).

Selon les autorités grecques, les efforts communs ont permis de limiter l’influx d’immigrants illégaux de 25%.

Les patrouilles initiales de l’équipe Frontex – dont la plupart doivent être stationnées sur un tronçon de 12 kilomètres d’une rivière entre les villes de Nea Vyssa et d’Orestiada – étaient censées être des exercices de reconnaissance.

Cependant, les patrouilles des gardes de Frontex et la police des frontières grecque ont réussi à arrêter 115 immigrants illégaux en quelques heures.

La mission Frontex en Grèce a été lancée vendredi par une cérémonie à laquelle se sont rendus la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, le directeur exécutif de Frontex, Ilkka Laitinen, et le ministre français de l’Immigration, Eric Besson, a rapporté le quotidien grec Kathimerini. Leur hôte grec était Christos Papoutsis, le ministre pour la protection des citoyens.

M. Papoutsis a exprimé la satisfaction du gouvernement grec face à la réponse immédiate de l’UE à la requête d’Athènes pour de l’aide, soulignant que le phénomène n’était pas seulement local.

« Ce ne sont pas juste les frontières de la Grèce, ce sont les frontières de l’Europe », a-t-il dit, selon l’agence de presse grecque ANA.

Le ministre grec, tout en notant que la Grèce et l’UE sympathisaient à la situation désespérée des migrants illégaux, a également indiqué l’existence de réseaux de passeurs « faisant trafic de l’espoir humain » et a souligné le besoin de « garantir la cohésion et la solidarité de l’UE ».

Depuis que les contrôles des frontières avec l’Espagne, l’Italie et Malte ont été introduits dans la mer Méditerranée, les principaux flux de trafic des êtres humains ont été concentré sur la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce.

Selon les rapports de presse, la police grecque a intercepté 34 000 personnes dans cette zone depuis le début de 2010, contre 9 000 personnes l’année précédente. Parmi les immigrants illégaux se trouvent des Afghans, des Pakistanais et des Somaliens ainsi que des Africains du Nord et de l’Ouest, qui semblent désormais préférer cet itinéraire à la route maritime plus directe vers l’Espagne.

La commissaire Malmström a été citée, disant que l’UE était proche de conclure un accord de réadmission avec Ankara, signifiant que la Turquie accepterait de reprendre sur ses territoires les immigrants illégaux en route pour l’UE.

Pendant ce temps, la Suède a arrêté de renvoyer les demandeurs d’asile en Grèce. Sous le règlement Dublin II, les immigrants illégaux doivent être renvoyés dans le pays par lequel ils sont rentrés dans l’UE. Cependant, les conditions exécrables des centres d’asile grecs ont poussé la Suède à ne pas renvoyer les demandeurs d’asiles en Grèce pour le moment.

A la place, les demandeurs d’asiles peuvent être envoyés dans des pays qu’ils ont traversés sur le chemin de la Grèce à la Suède, a dit Tobias Billström, le ministre de l’Immigration suédois.

Rejoindre ou non l'espace Schengen

Dans le même temps, des diplomates ont dit à EURACTIV que les frontières poreuses de la Grèce avec la Turquie pourrait représenter un obstacle pour les nouveaux venus dans l'UE, la Bulgarie et la Roumanie, qui se sont donné pour objectif de rejoindre l'espace Schengen en 2011.

Le passage emprunté par les immigrants illégaux à Nea Vyssa-Orestiada n'est qu'à quelques kilomètres de la frontière séparant la Grèce et la Bulgarie.

Pour le moment, les frontières bulgares sont bien gardées et selon la presse bulgare, il n'y aurait pas de débordement en matière d'immigration en Bulgarie.

Toutefois, lorsque la Roumanie et la Bulgarie rejoindront l'espace Schengen, la frontière séparant la Grèce et la Bulgarie pourrait ne plus être surveillée et la situation pourrait changer, mettent en garde les experts.