Les États les plus pauvres de l’UE font pression pour bénéficier du Fonds européen pour la compétitivité
Un document interne du Conseil révèle une lutte acharnée entre les pays riches et les pays pauvres de l'UE au sujet de la conception du Fonds européen pour la compétitivité.
Selon un document du Conseil consulté par Euractiv, les États les plus pauvres de l’UE souhaitent que leurs petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que leurs régions reçoivent une part équitable du fonds de 234 milliards d’euros de l’UE afin de relancer les investissements en retard de l’Union.
Les gouvernements s’opposent sur la conception du Fonds européen pour la compétitivité, une pièce maîtresse du budget à long terme de l’UE de 2 000 milliards d’euros.
La Pologne et l’Italie font partie d’un groupe d’au moins neuf pays qui plaident pour que les régions les plus pauvres et les petites entreprises obtiennent une part du nouveau fonds, quelle que soit la force de leurs propositions. Berlin et Paris défendent fermement une conception « fondée sur le mérite », qui profiterait principalement à leurs propres grandes entreprises, dotées de ressources importantes.
« Malte plaide fortement pour l’allocation d’au moins 30 % du FCE, à consacrer exclusivement aux PME », peut-on lire dans le document vu par Euractiv, qui compile les commentaires nationaux sur la conception du Fonds.
Parmi les prises de position, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie et la Grèce appellent à un soutien réservé aux PME, aux régions les plus pauvres, ou aux deux. Athènes a même proposé un quota minimum de 50 % pour les PME.
L’Italie, le Portugal et la République tchèque ont demandé la mise en place d’un mécanisme « d’équilibrage » similaire afin d’éviter que le Fonds ne profite de facto aux économies les plus riches de l’UE.
L’Allemagne, quant à elle, estime que « le texte devrait être davantage spécifié vers des procédures d’attribution basées sur le mérite et rendu plus contraignant ».
Paris « souhaite que les principes d’excellence, de préférence européenne et de renforcement de notre autonomie stratégique restent les seuls principes directeurs des actions de ce fonds ». La France et l’Allemagne sont soutenues par la Suède, la Finlande, les Pays-Bas et la Belgique.
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Les demandes des pays les plus pauvres de l’UE interviennent alors qu’il leur est déjà demandé d’absorber des réductions considérables des subventions agricoles et régionales dans la proposition de budget de 2 000 milliards d’euros de la Commission, et qu’ils cherchent des compensations dans d’autres parties du budget.
L’ambassadeur allemand auprès de l’Union européenne, Thomas Ossowski, a menacé de réduire encore ces subventions si la conception du fonds de compétitivité était remise en question.