Les perspectives économiques de l'UE toujours en berne pendant la présidence de la Hongrie

Selon Bálint Ódor, l’ambassadeur hongrois auprès de l’UE, les perspectives économiques de l’Europe ne se sont pas améliorées — et pourraient même avoir empiré, durant la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne (UE).

EURACTIV.com
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Le représentant permanent de la Hongrie auprès de l'UE, Bálint Ódor. [Présidence hongroise]

Selon Bálint Ódor, l’ambassadeur hongrois auprès de l’Union européenne (UE), les perspectives économiques de l’Europe ne se sont pas améliorées — et pourraient même avoir empiré, durant la présidence hongroise du Conseil de l’UE.

Bálint Ódor, qui avait décrit le renforcement de la compétitivité chancelante de l’UE comme une priorité absolue au début de la présidence de son pays en juillet, a affirmé que la faible croissance et l’effondrement continu de l’industrie manufacturière avaient intensifié les difficultés économiques de l’UE au cours des six derniers mois.

En effet, la crise du secteur manufacturier européen s’est aggravée ces derniers mois, les prévisions de croissance pour l’Union européenne sont peu encourageantes et le pessimisme quant à sa capacité à concurrencer les États-Unis et la Chine ne cesse de croître.

L’ambassadeur a désigné les prix élevés de l’énergie et l’intensification de la « concurrence mondiale » comme les principales sources du malaise qui affecte l’économie de l’UE. Celle-ci est, selon le Fonds monétaire international (FMI), en passe de croître à un rythme inférieur à la moitié de celui des États-Unis en 2024.

« Si la compétitivité européenne ne s’est pas détériorée, elle ne s’est certainement pas améliorée », a déclaré l’ambassadeur, dont le pays cédera la présidence semestrielle du Conseil de l’UE à la Pologne le 1er janvier.

Les propositions de Mario Draghi « sèment la discorde »

Toutefois, Bálint Ódor a nié que son pays était responsable des récents problèmes économiques de l’Europe.

Les problèmes qui affligent l’économie européenne « traînent depuis des années », estime-t-il, notant que « cette tendance ne peut être inversée en l’espace de quelques mois ».

Au lieu de cela, il s’est concentré sur les points positifs, affirmant que la Hongrie avait atteint un « résultat significatif » en amenant les États membres à accepter la Déclaration de Budapest en novembre. Cette déclaration a été baptisée « accord sur la compétitivité » et exhorte les États membres à prendre des mesures « urgentes » pour stimuler la productivité de l’UE en intégrant les marchés des capitaux et de l’énergie et en réduisant les réglementations « excessives », entre autres.

« Nous considérons [l’adoption de la déclaration] comme un changement majeur dans la manière dont l’UE devrait relever les défis de la compétitivité », a affirmé l’ambassadeur.

Bálint Ódor a également noté que les capitales de l’UE « partagent largement » l’analyse des difficultés économiques de l’Europe présentée dans le rapport de 400 pages, rédigé par l’ancien Premier ministre italien Mario Draghi.

Cependant, « ce rapport est assez détaillé et nécessite donc une analyse plus approfondie afin de déterminer les éléments sur lesquels il est possible de s’appuyer », a ajouté le responsable politique.

Dans une allusion à peine voilée à l’appel de Mario Draghi à stimuler les investissements en émettant davantage de dette commune de l’UE — une idée soutenue par la France, mais à laquelle s’oppose l’Allemagne —, Bálint Ódor a commenté : « On peut déjà constater que le rapport contient des recommandations qui sèment la discorde ».

Prudence à l’égard des États-Unis, de la Chine et de la Russie

La fin de la présidence très décriée de Budapest intervient dans un contexte d’escalade des tensions géopolitiques avec la Chine et de la perspective d’une guerre commerciale avec les États-Unis.

Étant donné que le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, entretient des relations chaleureuses avec le dirigeant chinois Xi Jinping et Donald Trump — qui prendra ses fonctions à la Maison-Blanche en janvier —, son ambassadeur Bálint Ódor a adopté un ton prudent lorsqu’il a évoqué les relations avec ces deux pays.

Il a appelé les dirigeants de l’UE à « maintenir une approche pragmatique et équilibrée vis-à-vis de la Chine dans les années à venir », et a insisté pour que les « défis » dans les relations entre l’UE et la Chine soient « résolus par le biais d’un dialogue direct et de moyens diplomatiques ».

L’ambassadeur hongrois a également cherché à minimiser les inquiétudes concernant la promesse de Donald Trump d’imposer des droits de douane élevés sur toutes les importations américaines.

« Je pense que nous devrions attendre la prise de fonction de la nouvelle administration [le 20 janvier prochain] et voir ce qu’elle fera concrètement », a-t-il tempéré. « Après cela, nous pourrons négocier avec eux. »

Toutefois, Bálint Ódor a rejeté avec véhémence la proposition de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), et d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, d’apaiser celui qui s’est autoproclamé « l’homme des droits de douane » en achetant davantage de gaz naturel liquéfié (GNL) américain.

L’ambassadeur n’a pas non plus exclu que la Hongrie, qui a également maintenu des liens étroits avec Moscou malgré la guerre en cours en Ukraine, cherche à acheter davantage d’énergie russe si, comme l’a promis Donald Trump, une résolution négociée du conflit est trouvée.

« Définir le bouquet énergétique est le droit exclusif des États membres », a-t-il défendu. « Il est important qu’il soit respecté. »

[Édité par Anna Martino]