Les procureurs bosniaques étudient la possibilité d’un procès contre le président croate

En Bosnie, les procureurs examinent une plainte déposée contre le président croate Zoran Milanović qui aurait nié le génocide de Srebrenica. C’est ce qu’a rapporté le portail d’informations Klix.ba dimanche.

Euractiv.com
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La plainte a été déposée en décembre dernier par le député social-démocrate Enver Bijedić, qui a déclaré que Zoran Milanović avait tenté de minimiser le génocide de 1995 à Srebrenica en le comparant à l’Holocauste et au génocide au Rwanda. [EPA-EFE/MARTIAL TREZZINI]

En Bosnie, les procureurs examinent une plainte déposée contre le président croate Zoran Milanović qui aurait nié le génocide de Srebrenica. C’est ce qu’a rapporté le portail d’informations Klix.ba dimanche (20 novembre).

La plainte a été déposée en décembre dernier par le député social-démocrate Enver Bijedić, qui a déclaré que Zoran Milanović avait tenté de minimiser le génocide de 1995 à Srebrenica en le comparant à l’Holocauste et au génocide au Rwanda.

« Nous travaillons sur le dossier mais nous ne pouvons pas dévoiler plus d’informations pour le moment », a confié le bureau du procureur au portail d’informations.

Le haut représentant international de la Bosnie a modifié le Code pénal du pays en juillet afin d’introduire une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour ceux qui « approuvent, nient, minimisent ou justifient publiquement le crime de génocide, le crime contre l’humanité ou un crime de guerre confirmé par le verdict d’un tribunal ».

Le 6 décembre 2021, M. Milanović avait déclaré que ce qu’il s’est passé à Srebrenica était un génocide, mais qu’il faudrait trouver une nouvelle terminologie pour des crimes encore plus graves.

« Si tout est un génocide, nous devons alors trouver un autre nom pour ce que les nazis ont fait aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale », avait alors déclaré M. Milanović, rapporte Radio Free Europe.

Plus récemment, certains médias ont rapporté que le président croate avait déclaré lors d’un sommet des pays des Balkans occidentaux en Slovénie en septembre, qu’« il existe différents types de génocide, mais celui de Srebrenica n’était pas un génocide ».

Ces propos — dont la véracité a été démentie par le bureau du président croate — ont suscité des réactions de colère et des protestations de la part de politiciens bosniaques (musulmans de Bosnie).

L’armée serbe de Bosnie a massacré plus de 8 000 hommes et garçons musulmans de Bosnie après avoir envahi Srebrenica — un refuge désigné par l’ONU — en juillet 1995, dans ce qui est considéré comme la plus grande atrocité unique en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.