Les socialistes croates en position de force en amont des elections présidentielles [FR]
Le candidat social-démocrate Ivo Josipovic, professeur de droit international et compositeur de musique, s’est arrogé la victoire lors du premier tour des élections présidentielles en Croatie, qui ont eu lieu le 27 décembre 2009. Il a obtenu 32,44 % des votes, avec une confortable avance de 18 % par rapport à son concurrent, le candidat indépendant Milan Bandic.
Le candidat social-démocrate Ivo Josipovic, professeur de droit international et compositeur de musique, s’est arrogé la victoire lors du premier tour des élections présidentielles en Croatie, qui ont eu lieu le 27 décembre 2009. Il a obtenu 32,44 % des votes, avec une confortable avance de 18 % par rapport à son concurrent, le candidat indépendant Milan Bandic.
Le taux de participation de 43 % peut paraître peu élevé, mais peut s’expliquer par la fréquence des élections locales, parlementaires et présidentielles, et par les difficultés à décrypter le réel pouvoir de la présidence (voir « Contexte »).
D’après les analystes, le premier tour des élections présente trois indices clairs sur l’évolution de la politique croate. Premièrement, il est perçu comme une défaite pour la première ministre Jadranka Kosor et son parti l’Union démocratique croate (HDZ, affilié au PPE). Le candidat conservateur Andrija Hebrang est arrivé en troisième place avec 12 % des voix.
La profonde défaite semble également avoir ramené l’ancien premier ministre Ivo Sanader sur la scène politique, qui, à la surprise de tous, avait démissionné en juillet dernier (EURACTIV 02/07/09). Le 3 juillet 2010, il a déclaré que le HDZ était un parti gagnant et non un parti qui remporte 12 % des voix. Le lendemain, les dirigeants du HDZ ont voté son expulsion du parti à 16 voix contre 3.
Par ailleurs, les résultats montrent la percée du candidat populiste Milan Bandic, qui est passé avec succès de sa circonscription électorale de Zagreb, dont il est le maire, à la scène nationale. Bien qu’il ait rassemblé moins de la moitié des voix qu’a obtenu M. Josipovic, il espère attirer les votes des sympathisants désillusionnés du HDZ.
M. Bandic peut aussi compter sur un grand nombre de croyants catholiques romains. Le 2 janvier, il a reçu de l’archevêque de Zagreb pour une conversation de deux heures. L’Eglise catholique joue traditionnellement un rôle important dans la politique croate (EURACTIV 05/11/09).
Ce qui est encore plus important, c’est que les sondages rendent légitimes les espoirs du candidat social démocrate en tant que potentiel vainqueur. Le professeur et musicien a obtenu 32,44 % des voix. Il semble désormais avoir une marge de manœuvre substantielle, surtout si l’on prend en compte le fait que son rival ne bénéficie pas de l’organisation d’un parti établi pour le soutenir.