L’Espagne rejoint les pays qui boycotteront l’Eurovision si Israël y participe
La chaîne publique espagnole RTVE, chargée de sélectionner le représentant de l’Espagne à l’Eurovision, a annoncé mardi 16 septembre que le pays ne participerait pas à l’édition 2026 du concours de la chanson si Israël était autorisé à y participer.
Le conseil d’administration de la télévision publique RTVE, nommé par le parlement et le sénat espagnols, a soutenu cette décision après que le ministre de la Culture Ernest Urtasun (parti de la Gauche verte) a fait pression en ce sens. Ce dernier a fait valoir que les plateformes culturelles ne devaient pas « normaliser le génocide » en cours à Gaza.
Le conseil d’administration de la RTVE, composé de 15 membres, comprend 11 personnes nommées par le Congrès à majorité socialiste et quatre par le Sénat contrôlé par l’opposition.
Dans une lettre envoyée en avril dernier, la RTVE avait déjà appelé l’Union européenne de radiotélévision (EBU) à débattre de la participation d’Israël au Concours Eurovision de la chanson.
L’Espagne rejoint ainsi l’Islande, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie, qui se sont engagés à boycotter l’édition 2026 du concours, qui se déroule à Vienne, si Israël n’était pas exclu.
Lundi 15 septembre, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a également appelé à exclure Israël des évènements sportifs internationaux, au même titre que la Russie, et ce tant que l’offensive militaire israélienne sur la bande de Gaza se poursuivra.
« Israël ne peut utiliser aucune plateforme internationale pour, en somme, blanchir son image alors que la barbarie continue », a fustigé le Premier ministre socialiste.
La question de la guerre à Gaza a été au centre de l’attention médiatique ces derniers jours en Espagne, alors que des milliers de manifestants pro-palestiniens ont boycotté la course cycliste La Vuelta dans toute l’Espagne en raison de la participation d’une équipe israélienne à la compétition. Les protestations on même provoqué des affrontements avec la police et contraint les autorités locales à annuler la dernière étape de l’évènement sportif dans la capitale espagnole pour des raisons de sécurité. Bilan : deux arrestations et 22 policiers blessés.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a accusé Pedro Sánchez d’antisémitisme et a affirmé que le Premier ministre espagnol et « ses ministres communistes » encourageaient la violence. Des déclarations qui ont conduit le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à convoquer le chargé d’affaires israélien à Madrid pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines.
(asg)