L’extrême droite tchèque suit le RN et se distancie de l’AfD allemande
Le parti tchèque Liberté et démocratie directe (SPD, ID) a déclaré mercredi (22 mai) qu’il ne siègerait pas au sein du même groupe que le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Parlement européen, emboîtant ainsi le pas au Rassemblement national (RN) français.
Le parti tchèque Liberté et démocratie directe (SPD, Identité et Démocratie) a déclaré mercredi (22 mai) qu’il ne siègerait pas au sein du même groupe que le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Parlement européen, emboîtant ainsi le pas au Rassemblement national (RN) français.
La direction du parti tchèque a pris cette décision en raison de certaines déclarations de représentants de l’AfD sur la Schutzstaffel (la SS) du Troisième Reich – l’une des principales organisations paramilitaires du régime nazi, initialement chargée de la protection d’Adolf Hitler -, a expliqué la porte-parole du parti, Barbora Šťastná, à l’Agence de presse tchèque (ČTK) mercredi.
L’eurodéputé allemand et ancienne tête de liste de l’AfD pour les Européennes de juin, Maximilian Krah, a en effet minimisé la responsabilité de chaque membre de la SS dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica, déclarant qu’il ne dirait jamais « que quiconque portait un uniforme [de la Schutzstaffel] était automatiquement un criminel ».
Le parti d’extrême droite tchèque, qui devrait obtenir deux sièges au terme des élections européennes de juin, a pris une décision similaire à celle du RN de Marine Le Pen, qui avait annoncé lundi (21 mai) qu’il cesserait de coopérer avec l’AfD au sein de l’hémicycle européen.
« La présidence de Liberté et démocratie directe se distancie fermement des déclarations controversées des dirigeants du mouvement AfD, qui défendent dans leurs déclarations les activités d’anciens membres de la SS, et les condamne », a déclaré Mme Šťastná.
Le parti tchèque a qualifié ces déclarations de totalement inacceptables. « Le SPD soutient et suit pleinement les mesures annoncées par le RN sous la direction de Marine Le Pen dans cette affaire », a-t-elle ajouté.
Maximilian Krah, qui est également dans la tourmente pour des soupçons de pots-de-vin impliquant le numéro deux de l’AfD, le député fédéral d’origine tchèque Petr Bystroň, a été empêché de participer à d’autres évènements de campagne, alors que le parti faisait face à des pressions croissantes pour le suspendre de sa prochaine délégation au Parlement européen.
M. Krah a aussi été mentionné dans l’affaire d’espionnage pour le compte de la Chine impliquant son ancien assistant d’origine chinoise, Jian Guo. Bien qu’il ait été confirmé qu’il n’était pas lui-même soupçonné d’espionnage dans cette affaire, M. Krah a succombé aux pressions et accepté de se retirer de la campagne. Peu après, c’était au tour de M. Bystroň de faire de même.
« Je constate que des déclarations factuelles et différenciées que j’ai faites sont utilisées à mauvais escient comme prétexte pour nuire à notre parti. La dernière chose dont nous avons besoin actuellement, c’est un débat à mon sujet. L’AfD doit maintenir son unité », a écrit M. Krah sur X mercredi.
« Je m’abstiendrai de participer à d’autres événements de la campagne électorale avec effet immédiat et je démissionne de mon poste de membre du comité exécutif fédéral [de l’AfD] », a-t-il ajouté.
[Édité par Anna Martino]