L’Italie durcit les restrictions sur l’éducation sexuelle en pleine vague de féminicides

Les législateurs italiens ont voté pour renforcer les restrictions concernant l’éducation sexuelle et affective dans les écoles, le jour même où l’Italie pleurait un nouveau féminicide.

EURACTIV Italie
Italian Prime Minister Meloni reports in Parliament on the upcoming European Council
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni. [EPA-EFE/RICCARDO ANTIMIANI]

MILAN — La commission de la culture de la Chambre des députés a adopté, le 15 octobre, un amendement au projet de loi sur le « consentement éclairé » porté par le ministre de l’Éducation Giuseppe Valditara. Cette modification étend l’interdiction actuelle de l’éducation sexuelle dans les maternelles et primaires aux collèges (11‑14 ans).

Proposé par la députée d’extrême droite Giorgia Latini et soutenu par la coalition au pouvoir, cet amendement bloque toute initiative ou projet pédagogique sur la sexualité avant le lycée, où l’éducation sexuelle ne pourrait être dispensée qu’avec l’accord explicite des parents.

La Première ministre Giorgia Meloni présente régulièrement l’éducation comme un champ de bataille culturel. Dans un discours prononcé en 2024 devant le parti espagnol Vox, elle s’est par exemple engagée à s’opposer à « ceux qui veulent introduire la théorie du genre dans les écoles », liant ces mesures à ce qu’elle considère comme une attaque contre la famille traditionnelle.

Si les partis au pouvoir défendent cette mesure comme étant « de bon sens », destinée à protéger les mineurs d’un « activisme idéologique », les députés de l’opposition qualifient cette décision de « médiévale » et « dangereuse ». Elle estime qu’elle affaiblit les efforts pour prévenir la violence sexiste et promouvoir l’éducation au consentement chez les adolescents.

L’Italie fait partie des rares États de l’UE où l’éducation sexuelle n’est pas obligatoire. Le projet de loi, qui doit encore passer devant le parlement, survient alors qu’un tollé général s’élève face aux féminicides, une urgence sociale majeure en Italie, avec 77 cas recensés pour 2025 seulement.

Le jour de l’annonce, Pamela Genini, 29 ans, perdait la vie aux mains de son compagnon à Milan.