L'UE adopte une attitude « hostile » face à la violence des colons en Cisjordanie

Les ministres de l'UE vont examiner l'éventualité de sanctions à l'encontre des colons et du commerce lié aux colonies

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La vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, pose aux côtés du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Moshe Saar, et de la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica, avant le début d'une réunion du Conseil d'association UE-Israël, le 24 février 2025 à Bruxelles, en Belgique. [Photo : Thierry Monasse/Getty Images]

Les pays de l’UE se rapprochent de l’adoption de sanctions à l’encontre des colons israéliens violents, une initiative longtemps bloquée par la Hongrie de Viktor Orbán.

On assiste à une recrudescence des actes de violence commis par les colons contre les Palestiniens en Cisjordanie, et alors que Viktor Orbán s’apprête à quitter ses fonctions samedi, la dynamique en faveur d’un accord s’accélère – tout comme la pression exercée sur la Commission pour qu’elle propose des sanctions susceptibles de recueillir un soutien suffisant de la part des capitales.

Lorsque les ministres des Affaires étrangères se réuniront à Bruxelles lundi, ils pourraient parvenir à un accord politique visant à sanctionner les colons israéliens commettant des actes de violence contre les Palestiniens, selon trois personnes proches du dossier.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un accord formel, cela reviendrait néanmoins à un engagement verbal de mener à bien la procédure – même si cela exclura probablement les sanctions proposées contre les ministres israéliens d’extrême droite Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir.

Toutes les initiatives de l’UE jusqu’à présent – de l’annulation de la participation d’Israël au projet de recherche Horizon de l’UE à la suspension des dispositions commerciales de l’accord d’association UE-Israël – n’ont pas obtenu les majorités requises parmi les États membres.

Lors d’une réunion à huis clos des ambassadeurs de l’UE mercredi, l’atmosphère était encore plus « hostile » que d’habitude à l’égard des politiques du gouvernement israélien en Cisjordanie, a fait remarquer un haut diplomate européen.

Les défenseurs habituels d’Israël autour de la table ne se sont pas exprimés, a ajouté cette personne.

Un deuxième diplomate européen a indiqué qu’on s’attendait désormais à une voie beaucoup plus claire vers la sanction des colons. « On pouvait sentir le niveau de mécontentement dans la salle en raison de la manière dont Israël gère toute la situation des colonies », a déclaré le diplomate.

« Il y a un an, six ou sept pays auraient fait bloc, mais aujourd’hui, [ils] restent pour la plupart silencieux », a-t-il ajouté.

Plusieurs envoyés ont fait pression sur Kaja Kallas, la chef de la diplomatie de l’UE, pour qu’elle propose des mesures concrètes concernant Israël lors de la réunion de lundi.

Cela inclut des appels à imposer des restrictions sur les échanges commerciaux de l’UE avec les colonies de Cisjordanie.

Une idée avancée le mois dernier par la Suède et la France visant à mettre fin aux échanges commerciaux de l’UE concernant les produits fabriqués dans les colonies de Cisjordanie a reçu le soutien de six à sept pays de l’UE lors de la réunion de mercredi, dont la Belgique et l’Irlande. Cette idée pourrait gagner du terrain lundi, ont déclaré trois diplomates à Rapporteur.

Si la salle semblait plus encline à aller de l’avant avec des sanctions contre les colons, tous les États membres ne se sont pas exprimés sur le sujet.

Le Conseil des affaires étrangères de lundi sera la première réunion en 16 ans sans la présence d’un ministre du gouvernement de Viktor Orbán. Mais la Hongrie sera probablement représentée par un fonctionnaire, car Anita Orbán, la future ministre des Affaires étrangères de Péter Magyar, ne sera confirmée dans ses fonctions par le Parlement qu’en fin de semaine.

Trois diplomates ont déclaré qu’ils adoptaient une attitude attentiste quant à la position de la Hongrie sur Israël.

(aw)