L’UE fixe son objectif climatique pour 2040 : réduire les émissions de CO2 de 90 %, avec des flexibilités importantes
Les législateurs européens ont approuvé un objectif climatique pour 2040 prévoyant une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Mais jusqu’à dix points de pourcentage pourront être atteints via des crédits carbone certifiés par l’ONU — une flexibilité qui affaiblit nettement l’ambition initiale.
L’accord, conclu mercredi 10 décembre après quatre heures de négociations, reflète en grande partie la position des États membres et met un terme à 18 mois de discussions difficiles, régulièrement bloquées par des gouvernements pro-industrie et des députés européens sceptiques.
Selon le compromis, l’objectif global de -90 % est maintenu, comme le souhaitaient gouvernements et parlementaires. Mais cinq points pourront être obtenus via des mécanismes de compensation carbone dans les pays en développement dès 2036. Les États pourront en outre demander à « externaliser » cinq points supplémentaires. Concrètement, si ces flexibilités sont pleinement utilisées, la réduction réelle des émissions nationales pourrait n’être que de 80 %.
Le commissaire au Climat, Wopke Hoekstra, a déclaré que l’accord offrait un cadre « très solide, très ambitieux, mais aussi pragmatique » qui « améliore la prévisibilité » pour l’industrie. « À mon avis, c’est une victoire incontestable pour l’Europe », a-t-il confié à Euractiv.
Les députés européens ont obtenu deux concessions clés. Premièrement, des « critères de qualité » minimaux pour toute action climatique externalisée — garantissant que les projets sont durables, soumis à un contrôle rigoureux et alignés sur les intérêts stratégiques de l’UE. Ensuite, une future déclaration orale de la Commission précisant que les crédits de compensation ne devraient pas être reconnus dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE.
L’accord provisoire, qui doit encore être approuvé officiellement, risque d’éroder davantage la prétention de l’UE à jouer un rôle de leader mondial en matière de climat. Lors de la COP30, le bloc n’a pas réussi à rallier les principaux émetteurs à la cause de l’élimination progressive des combustibles fossiles et n’a guère progressé pour inciter les autres pays à renforcer leurs objectifs pour 2035, laissant le monde sur la voie d’une réduction de seulement 12 % des émissions par rapport aux niveaux maximaux.
L’objectif de l’UE pour 2040 sera évalué tous les deux ans et révisé tous les cinq ans. Enfin, de futures législations préciseront la feuille de route permettant au bloc de l’atteindre.