L'UE invite les talibans à Bruxelles
« Cela ne constitue en aucun cas une reconnaissance », a précisé la Commission européenne
Confirmant le premier article d’Euractiv sur cette visite après avoir initialement nié qu’une réunion était prévue, un porte-parole a confirmé que l’invitation avait été envoyée par la DG HOME de la Commission, le service de l’UE chargé des migrations, et le ministère suédois de la Justice.
« Je peux confirmer que [nous] avons envoyé une lettre aux autorités de facto en Afghanistan pour nous enquerre de leur disponibilité pour une réunion de niveau technique ici à Bruxelles », a déclaré le porte-parole, refusant d’« entrer dans les détails » de la visite.
La réunion portera sur l’expulsion, ou les « retours », des migrants afghans qui, selon la Commission, « n’ont pas le droit de rester et constituent une menace pour la sécurité ».
Ces discussions sont politiquement sensibles, car l’UE ne reconnaît pas le régime islamiste des talibans, que Bruxelles a condamné à plusieurs reprises pour ses restrictions en matière de droits des femmes et de liberté de la presse.
« L’UE a pour mandat […] de maintenir un engagement opérationnel avec les autorités de facto en Afghanistan. Cette [réunion] ne constitue en aucun cas une reconnaissance », a insisté le porte-parole.
Les discussions précédentes entre l’UE, représentée par la Commission européenne, et les talibans ont donné lieu à des visites de responsables européens et nationaux à la demande de 20 pays de l’espace Schengen.
« Nous sommes également convaincus que les retours vers des pays politiquement sensibles posent des défis qui doivent être abordés de manière globale et coordonnée », a indiqué le porte-parole. « Nous assurons donc la coordination pour les États membres. »
Pour se rendre à Bruxelles, les responsables talibans recevront des visas exceptionnels de la part de la Belgique, en tant que pays hôte des institutions de l’UE, une décision qui risque de susciter la controverse au niveau national.
Ces contacts diplomatiques interviennent après l’expulsion par l’Allemagne d’une centaine d’Afghans ayant fait l’objet de condamnations pénales depuis 2024, alors que d’autres pays européens manifestent un intérêt croissant pour la mise en œuvre de politiques similaires.
(cs)