L’UE soutient le nouveau gouvernement syrien avec une aide de 620 millions d’euros

L’UE soutiendra le gouvernement syrien tant sur le plan politique que financier, ont assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, à Damas vendredi 9 janvier. Cette prise de position intervient alors que Bruxelles cherche à relancer le dialogue avec la Syrie, sur fond d’inquiétudes liées aux flux migratoires.

EURACTIV.com
[UE 2026]

Vendredi, Ursula von der Leyen a annoncé que l’UE fournirait une aide de 620 millions d’euros au nouveau gouvernement en 2026 et 2027.

Ursula von der Leyen et Antonio Costa sont à Damas pour leur première rencontre avec le nouveau président syrien, Ahmed Hussein al-Sharaa, depuis son arrivée au pouvoir début 2025, après que l’ancien président Bachar al-Assad a fui le pays déchiré par la guerre après plus d’une décennie de guerre civile.

L’UE avait déjà levé les sanctions contre la Syrie peu après le changement de régime.

Ursula a également indiqué que la Banque européenne d’investissement (BEI) reprendrait ses activités en Syrie et que l’Union réactiverait son accord de coopération avec Damas. Bruxelles avait partiellement suspendu cet accord, initialement signé en 1977, en 2011, lorsque le régime d’Assad avait réprimé la population civile.

« L’ensemble de ces mesures est nécessaire pour aider le gouvernement à rétablir les services essentiels à la population et à reconstruire les institutions de l’État », a déclaré l’Allemande.

Elle a aussi fait part de ses inquiétudes concernant les récentes violences, après que les forces gouvernementales fidèles à Ahmed Hussein al-Sharaa se sont affrontées avec des combattants kurdes dans la ville d’Alep, au nord du pays. « Les escalades de violence de ces derniers jours sont préoccupantes », a indiqué la présidente de l’exécutif européen, sans condamner explicitement l’un ou l’autre camp.

Quid pro quo ?

Comme nous le rapportions plus tôt cette semaine, la migration reste un facteur clé qui façonne l’approche de l’UE à l’égard de Damas, en particulier alors que les partis d’extrême droite gagnent du terrain dans toute l’Europe.

Les capitales européennes réévaluent actuellement si la Syrie peut désormais être considérée comme suffisamment sûre pour permettre le retour, voire l’expulsion forcée, des ressortissants syriens. Ces derniers mois, les ministres et ambassadeurs à Bruxelles ont discuté des retours volontaires et forcés, selon des documents, en mettant particulièrement l’accent sur les personnes considérées comme un « risque pour la sécurité » ou les criminels condamnés qui n’ont pas le droit légal de rester dans l’UE.

Le passé d’Ahmed Hussein al-Sharaa reste controversé. Avant d’entrer officiellement en politique, il a été impliqué dans des réseaux insurgés islamistes pendant la guerre civile, notamment dans des factions qui ont été à divers moments liées à la branche syrienne d’Al-Qaïda.

Les gouvernements occidentaux avaient auparavant désigné al-Sharaa comme terroriste, l’accusant d’être impliqué dans des campagnes armées contre des civils et des institutions étatiques. Les États-Unis l’ont retiré de leur liste de sanctions contre le terrorisme en novembre, à la suite de sa visite à la Maison-Blanche.

Bien qu’il n’ait jamais été élu, Ahmed Hussein al-Sharaa déclarait en février qu’il faudrait quatre à cinq ans avant que la Syrie puisse organiser des élections présidentielles.

Eddy Wax et Nicoletta Ionta ont contribué à la rédaction de cet article.

Eddy Wax and Nicoletta Ionta contributed to this reporting