M. Barroso dit à la Roumanie d'accélérer les réformes judiciaires

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a conseillé à la Roumanie d'accélérer la réforme de son système judiciaire et de combattre la corruption si elle voulait rejoindre l'espace Schengen. Un reportage d'EURACTIV Roumanie.

barroso_looks_aside.jpg
barroso_looks_aside.jpg

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a conseillé à la Roumanie d'accélérer la réforme de son système judiciaire et de combattre la corruption si elle voulait rejoindre l'espace Schengen. Un reportage d'EURACTIV Roumanie.

S’adressant à la presse suite à une rencontre avec le président roumain Traian Basescu à Bucarest hier (8 novembre), M. Barroso a déclaré qu’il n’y avait aucun lien juridique entre le contrôle de la Roumanie par l’UE sur les questions judiciaires et l’adhésion du pays à l’espace Schengen (voir « Background »).

Toutefois, M. Barroso a reconnu que « certains pays » pensaient qu’il existait « un certain lien » entre les réformes dans le domaine judiciaire et la réalisation de l’adhésion à l’espace Schengen.

« L’espace Schengen signifie la confiance. La Roumanie doit convaincre les Etats membres qu’elle mérite d’en faire partie », a dit M. Barroso.

En août, le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes Pierre Lellouche a dit que la Roumanie ne pourrait pas rejoindre l’espace sans frontières de Schengen si celle-ci ne faisait rien en vue de l’inclusion sociale des Roms.

Un mois plus tard, M. Lellouche a ajouté : « Ceci n’est pas que l’opinion de la France. Je pense que le lien implicite fait par tous les gouvernements est qu’à partir du moment où les conditions requises par le mécanisme de contrôle ne sont pas entièrement remplies, un certain nombre de choses ne sont pas faisables, notamment (les deux pays) contrôlant les frontières extérieures de l’UE. Personne ne s’est opposé à cette vision », a dit M. Lellouche en réponse à une question d’EURACTIV.

Les Pays-Bas ont également insisté sur le fait que toute décision concernant l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen devrait être liée à leur performance sous le mécanisme de coopération et de vérification de l’UE sur les réformes judiciaires, écrit EURACTIV Roumanie.

M. Barroso a dit que des experts de la Commission seraient en Roumanie la semaine prochaine afin d’évaluer les progrès du pays.

Le président roumain Traian Basescu a déclaré être conscient du fait que la décision de l’UE de laisser la Roumanie entrer dans l’espace Schengen devait être prise à l’unanimité, impliquant que chaque pays est en possession de droit de veto.

Toutefois, il a insisté sur le fait que les critères pour rejoindre l’espace sans frontières de Schengen étaient purement techniques, et que la Roumanie remplissait ces critères.

Signature opportune du traité sur les frontières

M. Barroso a bien accueilli la signature d’un traité sur les frontières avec la Moldavie, qui a eu lieu le même jour à Bucarest.

Le document a été signé quelques semaines avant les élections législatives du 28 novembre en Moldavie, un pays qui partage partiellement la même langue et la même histoire que la Roumanie.

M. Barroso a qualifié ceci de « démonstration que la Moldavie se rapproche de l’Union européenne ».

Le ministre des affaires étrangères roumain Teodor Baconschi a dit qu’en signant le traité, les deux pays espéraient « décourager les allégations obsessionnelles de certains cercles politiques en Moldavie », concernant « un agenda irrédentiste imaginaire de la Roumanie ». La Moldavie a fait partie de la Roumanie jusqu’en 1940, lorsqu’elle a été annexée par l’Union Soviétique.

La signature du traité sur les frontières est également opportune étant donné les ambitions de la Roumanie de rejoindre l’espace Schengen en mars 2011. En effet, la frontière de la Roumanie avec la Moldavie, une ancienne république soviétique, deviendra la frontière extérieure de l’Union européenne.