Pedro Sánchez sort « affaibli » de sa menace avortée de démission, estime le président régional de Catalogne
La menace d’une démission de la part du Premier ministre Pedro Sánchez la semaine dernière n’a fait qu’« affaiblir » ce dernier et a compromis sa coalition gouvernementale, a martelé jeudi (2 mai) le président régional de Catalogne, Pere Aragonès.
La menace d’une démission de la part du Premier ministre Pedro Sánchez la semaine dernière n’a fait qu’« affaiblir » ce dernier et a compromis sa coalition gouvernementale, a martelé jeudi (2 mai) le président régional de Catalogne, Pere Aragonès.
Lors d’une conférence jeudi, M. Aragonès a estimé que les cinq jours de « réflexion » du Premier ministre espagnol, faisant suite aux accusations de corruption dont sa compagne faisait l’objet, avaient alimenté un sentiment d’instabilité au sein de sa propre coalition.
Les propos de M. Aragonès constituent un sérieux avertissement pour M. Sánchez, en pleine campagne pour les élections anticipées du 12 mai en Catalogne, pour lesquelles — selon les sondages — le candidat socialiste et ancien ministre de la Santé Salvador Illa est favori.
M. Illa refuse toute alliance avec les forces politiques séparatistes catalanes, ce qui pourrait alors rendre plus instable la coalition au pouvoir.
Dans une « lettre aux citoyens » publiée sur X la semaine dernière, M. Sánchez avait annoncé qu’il se retirait momentanément de la vie politique pour réfléchir à son avenir et à celui de sa famille. La droite et l’extrême droite avaient tenu des propos particulièrement virulents contre son épouse, Begoña Gómez, qui fait l’objet d’une enquête menée par un juge madrilène pour corruption et trafic d’influence présumés.
Le Premier ministre avait finalement annoncé qu’il resterait à son poste pour mieux combattre la « boue » qui, selon lui, a été déversée sur sa famille par le Parti populaire (PP/PPE) et le parti d’extrême droite Vox.
Le parti de Pere Aragonès et celui de Carles Puigdemont, JxCat, sont tous deux membres de la coalition gouvernementale – soutien nécessaire pour assurer une majorité au sein du parlement espagnol.
Malgré son soutien, M. Aragonès a clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas d’un « chèque en blanc » et a exhorté le Premier ministre à respecter « dès que possible » les conditions relatives à l’accord de coalition. Ces accords comprennent, entre autres, une loi d’amnistie visant à gracier les personnes impliquées dans des actions séparatistes en Catalogne entre 2012 et 2023, y compris la grave tentative sécessionniste d’octobre 2017.