Macron avec les dirigeants danois et groenlandais pour résister aux pressions américaines
Emmanuel Macron recevait ce mercredi 28 janvier à Paris la Première ministre danoise Mette Frederiksen et son homologue groenlandais Jens-Frederik Nielsen afin de travailler à la « sécurité de l’Arctique », a expliqué le président français.
Cette rencontre intervient après les menaces répétées des autorités américaines d’annexer le Groenland.
Mi-janvier, le Danemark, la France et six autres pays européens avaient dans l’urgence dépêché quelques dizaines de militaires sur l’île pour « envoyer un signal » à Washington, avait dit la ministre déléguée aux armées françaises, Alice Rufo.
Un message qui semble, pour l’instant, avoir été reçu par le président américain Donald Trump, qui expliquait la semaine dernière ne pas avoir l’intention d’utiliser la force pour prendre le contrôle de ce territoire autonome danois.
Pour le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, la situation demeure néanmoins « sérieuse ».
S’exprimant devant des étudiants de l’école Sciences-Po ce matin, il a expliqué que les citoyens groenlandais avaient durant l’année écoulée « plus que jamais regardé en direction de l’Union européenne ».
En septembre dernier, la Commission avait affirmé que le budget accordé au Groenland serait doublé pour atteindre 530 millions d’euros dans le prochain budget septennal du bloc, qui débute en 2028. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également déclaré qu’une partie des dépenses de défense croissantes de l’UE devrait être consacrée au renforcement de la sécurité dans l’Arctique.
« Nous voulons accélérer la mise en place du partenariat stratégique signé entre l’UE et le Groenland », a confirmé Emmanuek Macron, « afin de développer des chaînes de valeurs durables, notamment dans les matières premières stratégiques ».
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Méfiance face à l’OTAN
Si Mette Frederiksen et Jens-Frederik Nielsen appellent à la solidarité européenne pour défendre les règles du droit international, les deux dirigeants semblent en revanche bien plus septiques sur le rôle que pourrait jouer l’alliance militaire de l’OTAN pour résoudre la crise.
Devant les étudiants de Sciences Po, la Première ministre danoise a assuré qu’elle ne « travaillerait jamais contre l’OTAN », tout en estimant que les Européens devaient se préparer à en payer « le prix élevé ».
« Je ne sais pas ce qui peut se passer aux États-Unis, et nous devons protéger l’UE », a-t-elle dit.
Son homologue groenlandais a de son côté répété que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, n’avait « aucun mandat » pour négocier avec Donald Trump. Lors du forum de Davos, ce dernier avait dit qu’un accord « cadre » au sujet du Groenland avait été discuté avec le chef de l’alliance militaire.
Plus consensuel, Emmanuel Macron a appelé à « un engagement accru de l’OTAN dans l’Arctique ». En attendant, Paris a confirmé mardi 27 janvier que le porte-avion Charles de Gaulle et son groupe aéronaval avait appareillé pour rejoindre « l’atlantique nord ».
Les navires français vont participer durant plusieurs semaines à l’exercice Orion 26, auquel doivent, selon le ministère des Armées, prendre part des forces américaines. Ces dernières n’avaient pas pris part à l’exercice Arctic Light mené à l’automne par plusieurs membres de l’OTAN, dont le Danemark et la France.