Malgré l’engagement de l’UE à fournir des vaccins, les « rayons sont vides » dans les pays partenaires

Les lacunes dans le financement de la coordination et de la distribution des vaccins par l’Union européenne ont conduit à des pénuries dans les pays partenaires, note la Cour des comptes européenne dans un audit publié mercredi 2 octobre.

EURACTIV.com
Mpox outbreak in Democratic Republic of the Congo
Alors que le financement de la santé mondiale par l’UE a augmenté depuis 2007, les auditeurs ont découvert de graves problèmes de coordination avec les pays partenaires, ce qui a conduit, par exemple, à des ruptures de stock permanentes de médicaments au Zimbabwe, à une faible disponibilité des vaccins et à des interventions redondantes. [Getty Images, Photo by Makangara Ciribagula Justin]

Les lacunes dans le financement de la coordination et de la distribution des vaccins par l’Union européenne (UE) ont conduit à des pénuries dans les pays partenaires, note la Cour des comptes européenne dans un audit publié mercredi 2 octobre.

Dans son rapport, la Cour des comptes européenne (CCE) se penche sur le financement de l’UE pour les projets de santé entre 2007 et le début de 2024, particulièrement sur des projets en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi et au Zimbabwe.

« Les fonds de l’UE devraient être utilisés plus efficacement et de toute urgence, notamment en améliorant les critères d’attribution des financements, en s’assurant que les coûts de gestion sont raisonnables et en abordant la question de la durabilité des projets », souligne George-Marius Hyzler, membre de la Cour des comptes européenne.

Alors que le financement de la santé mondiale par l’UE a augmenté depuis 2007, les auditeurs ont découvert de graves problèmes de coordination avec les pays partenaires, ce qui a conduit, par exemple, à des ruptures de stock permanentes de médicaments au Zimbabwe, à une faible disponibilité des vaccins et à des interventions redondantes.

Ce constat est d’autant plus interpellant que l’UE avait lancé en novembre 2022 sa stratégie mondiale en matière de santé afin de renforcer les systèmes de santé et les chaînes d’approvisionnement pharmaceutique dans le monde entier ainsi que d’améliorer l’accès aux médicaments, y compris aux vaccins.

Mpox

Le rapport de la CCE est publié en pleine épidémie de clade Ib mpox en Afrique centrale et orientale, récemment déclarée urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que de l’aggravation de la crise humanitaire et de la faim en RDC.

« Bien que l’épidémie de mpox se soit déclarée après la fin de notre travail d’audit sur le terrain, notre rapport couvre des questions liées à la fourniture et à la distribution de médicaments ainsi qu’à la durabilité des programmes de soutien aux systèmes de santé », précise la Cour des comptes.

Le rapport des auditeurs de l’UE fait état d’un manque d’harmonisation entre les besoins locaux et le financement européen, un problème qui existait déjà avant l’épidémie actuelle.

En outre, il souligne que le mpox n’est pas le seul problème de santé auquel les systèmes de santé africains sont confrontés et qu’il est essentiel de garantir des financements nationaux et internationaux supplémentaires, ainsi que des stratégies de transition et de retrait réalistes, afin d’assurer la durabilité des programmes de santé mondiaux.

Rowan Dunn, coordinatrice du plaidoyer pour l’UE pour l’ONG Global Health Advocates, affirme que cet audit était « particulièrement pertinent dans le contexte des préparatifs et des premières négociations du prochain cadre financier pluriannuel de l’UE, une proposition de la Commission [européenne] étant attendue pour 2025 ».

« La récente épidémie de mpox est un symptôme de l’injustice sanitaire mondiale et démontre la nécessité de prendre des mesures pour améliorer l’accès équitable à des services de santé de qualité, ce qui signifie également prendre des mesures en faveur de la sécurité sanitaire à l’échelle internationale. Il s’agit d’une responsabilité mondiale partagée », ajoute-t-elle.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]