Mario Draghi propose un pacte de croissance avec le soutien d'Angela Merkel

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a exhorté les gouvernements de la zone euro à relancer leur économie et a appelé à l'élaboration d'un pacte de croissance. L'Allemagne le soutient dans cette démarche, arguant que les Allemands n'ont pas recours qu'à des mesures d'austérité pour enrayer la crise de la dette.

EURACTIV.fr / Reuters
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Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a exhorté les gouvernements de la zone euro à relancer leur économie et a appelé à l'élaboration d'un pacte de croissance. L'Allemagne le soutient dans cette démarche, arguant que les Allemands n'ont pas recours qu'à des mesures d'austérité pour enrayer la crise de la dette.

« Nous avons conclu un pacte budgétaire. Le plus important à mes yeux aujourd'hui, c'est de conclure un pacte de croissance », a-t-il déclaré au Parlement européen. Il souhaite que ce pacte soit fondé sur le « paquet de six » qui renforce les règles budgétaires en Europe.

Il a exhorté les États de la zone euro à poursuivre les réformes structurelles pour contribuer à la croissance, rappelant que le rôle de la BCE était d'assurer la stabilité des prix.

« Faisons-nous tout ce qui est en notre pouvoir pour la croissance ? Ce n'est pas notre rôle. Notre rôle consiste à assurer la stabilité des prix et ainsi contribuer à la croissance. C'est ce que nous faisons, me semble-t-il. »

Selon la chancelière Angela Merkel, stimuler la croissance en Europe « passe par des réformes structurelles, comme l'a précisé aujourd'hui le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi ». C'est ce qu'elle a déclaré lors d'une conférence de l'Union chrétienne-démocrate qui s'est déroulée hier (25 avril) à Berlin.

Les commentaires de Mme Merkel font écho à ceux du favori dans la course à la présidence française, le socialiste François Hollande. Le candidat a en effet déclaré que s'il était élu, il demanderait aux autres dirigeants européens de renégocier le traité budgétaire afin d'y inclure une clause de croissance.

M. Hollande a d'ailleurs salué les propos de Mario Draghi. Lors de la première conférence de presse de sa campagne, le socialiste français a fait savoir qu'il proposerait quatre modifications au traité de l'UE initié par l'Allemagne, approuvé en mars dernier, mais pas encore ratifié.

Plus important encore, il a appelé à l'émission d'euro-obligations dans le but de financer des projets d'infrastructures industrielles et non pas de consolider la dette, une mesure à laquelle les Allemands sont opposés.

M. Hollande souhaite également, tout comme son rival, le président Nicolas Sarkozy, qu'une taxe sur les transactions financières soit introduite. Enfin, il a exhorté la Banque européenne d'investissement à allouer une plus grande part de ses ressources à la création d'emplois.

La récession gagne du terrain

Au mois d'avril, les entreprises européennes ont sombré un peu plus et un peu plus vite que prévu, selon des chiffres dévoilés lundi (23 avril). L'économie devrait donc rester en récession au moins jusqu'au début du second semestre.

M. Draghi a reconnu que les données récemment publiées n'étaient pas particulièrement réjouissantes, même s'il pensait que la demande internationale et les taux d'intérêt très bas de la BCE suffiraient à soutenir la croissance.

« En même temps, les risques de récession sont liés à l'intensification des tensions sur les marchés de la dette souveraine au sein de la zone euro et à leurs répercussions potentielles sur l'économie réelle », a-t-il expliqué.

Malgré la crise politique que traversent les Pays-Bas, la pression est redescendue. Les rendements des obligations espagnoles et italiennes à dix ans ont baissé hier pour atteindre un niveau confortable, sous la barre des 6 % qui déclenche généralement la sonnette d'alarme.