Mario Monti et David Cameron demandent à l'UE de stimuler la croissance

  Hier (18 janvier), l’Italie et la Grande-Bretagne ont appelé l’Union européenne à prendre des mesures pour stimuler la croissance au lieu de se concentrer sur des mesures d’austérité visant à réduire les niveaux de dette qui ont déclenché la crise au sein de la zone euro. 

EURACTIV.fr / Reuters
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Hier (18 janvier), l’Italie et la Grande-Bretagne ont appelé l’Union européenne à prendre des mesures pour stimuler la croissance au lieu de se concentrer sur des mesures d’austérité visant à réduire les niveaux de dette qui ont déclenché la crise au sein de la zone euro. 

Lors de sa première visite en Grande-Bretagne depuis le début de son mandat à la tête d'un gouvernement technocratique en novembre, le premier ministre italien, Mario Monti, s'est entretenu avec son homologue britannique, David Cameron. Ce dernier s'était retrouvé isolé au sein de l'UE après son refus de signer un nouveau traité visant à enrayer la crise dans la zone euro.

« Nos deux pays sont convaincus que la mise en œuvre d'une discipline budgétaire est une condition nécessaire pour la croissance. Ce n'est cependant pas la seule condition », a déclaré M. Monti lors d'un discours à la bourse de Londres.

« Nous pensons que nos deux pays, mais aussi l'Union européenne dans son ensemble, auront un rôle important à jouer pour renforcer l'union économique sur le long terme », a-t-il ajouté.

M. Monti s'est exprimé suite à une réunion à huis clos avec des acteurs du secteur financier et des investisseurs. Cette réunion avait pour objectif d'évaluer l'appétit des investisseurs pour la dette italienne.

Il s'est dit convaincu que les mesures prises par Rome et les initiatives entreprises dans la zone euro permettraient d'écarter le danger en Italie.

Après sa rencontre avec M. Monti, M. Cameron a fait part de ses espoirs de voir le prochain sommet de l'UE, qui se tiendra à la fin du mois, proposer davantage de mesures pour assurer le bon fonctionnement du marché unique.

« Nous pourrions proposer dès le 30 janvier une série d'initiatives solides pour les marchés numériques, les marchés des services, de l'énergie et pour des tests de croissance. Ces initiatives permettraient l'ouverture de toutes les économies européennes et d'aider les pays déficitaires à régler leurs problèmes, tout en assurant la croissance et le développement des pays excédentaires », a déclaré M. Cameron.

M. Monti, un ancien commissaire européen, a pour tâche de regagner la confiance des marchés suite à la chute du gouvernement Berlusconi.

Période d'austérité

Mario Monti a imposé des mesures d'austérité difficiles à son pays et souhaiterait introduire des réformes structurelles pour tenter de soulager l'économie italienne et de lâcher du leste concernant les droits acquis par les chauffeurs de taxi ou les pharmaciens par exemple.

L'Italie est cependant toujours confrontée à des rendements obligataires à dix ans d'environ 6.5 %, un niveau considéré comme insoutenable pour une économie dont la dette s'élève à près de 120 % du PIB.

Le premier ministre italien n'a fait que peu de cas de la question d'un journaliste qui lui demandait pourquoi les contribuables britanniques devraient débourser jusqu'à 15 milliards de livres (18 milliards d'euros) pour renflouer le Fonds monétaire international afin de réparer les dégâts de M. Berlusconi et sauver d'autres économies en péril.

« À ma connaissance, mon pays n'a pas coûté un centime au Royaume-Uni. Et vice versa. Du moins pas au cours de la période historique que nous sommes en train de vivre », a-t-il déclaré.

La semaine dernière, Standard & Poor's a abaissé la note de l'Italie de deux crans et l'agence Fitch a annoncé qu'elle pourrait suivre son exemple. L'économie italienne entrera sans doute en récession cette année.

Mario Monti a appelé au renforcement du Fonds européen de stabilité financière afin de protéger l'Italie des attaques du marché.