McCreevy reste vague quant à la réglementation du capital-investissement [FR]

Le commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, émet toujours des réserves quant à la réglementation des entreprises non cotées, en dépit de fortes pressions de la part des eurodéputés et de promesses antérieures du président de la Commission José Manuel Barroso.

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Le commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, émet toujours des réserves quant à la réglementation des entreprises non cotées, en dépit de fortes pressions de la part des eurodéputés et de promesses antérieures du président de la Commission José Manuel Barroso.

S’exprimant dans le cadre d’une conférence  sur les services financiers qui a eu lieu à Bruxelles hier (27 janvier), M. McCreevy a fait clairement comprendre que la consultation en cours sur les hedge funds, lancée par la Commission en décembre, aboutira à des initiatives réglementaires appropriées. 

Mais il est resté vague sur la question de savoir si des mesures similaires devraient être adoptées concernant le capital-investissement. 

L’industrie a connu une croissance importante ces dernières années et se trouve désormais face à des critiques violentes selon lesquelles elle aurait des répercussions sur l’emploi et compromettrait la stabilité de l’ensemble du système financier. 

Les rachats de grandes entreprises par des sociétés non cotées sont en effet considérés par de nombreux observateurs comme des opérations qui augmentent les richesses des investisseurs et des directeurs. Mais ils augmentent également le chômage lorsque les entreprises sont revendues par la suite. 

Toutefois, une étude récente publiée par EVCA, représentant l’industrie du capital-investissement, remet en question cette vision répandue. Selon le document, disposer de fonds de capital investissement privé améliore souvent les conditions des travailleurs. En outre, un grand nombre d’observateurs,  y compris M. McCreevy, mettent en doute le risque réel représenté par les entreprises non cotées pour la stabilité financière. 

Dans un contexte où les responsabilités de chacun sont peu claires, en particulier avec la crise financière actuelle, M. McCreevy a jusqu’ici appliqué sa traditionnelle approche de laissez-faire à l’égard des entreprises non cotées, demandant au secteur d’adopter des codes auto-régulatoires, tout en choisissant de ne pas intervenir directement. 

Cette attitude a été critiquée par le Parti des socialistes européens (PSE), qui souhaite mettre un terme à ce qu’il désigne comme le « capitalisme de casino ». Dans un échange de lettres avec M. Barroso, les principaux représentants du PSE au Parlement européen (Martin Schulz, Pervenche Beres et Poul Nyrup Rasmussen) ont déclaré  que l’inaction de M. McCreevy convenait mieux à un lobbyiste payé par l’industrie de la finance qu’à un commissaire européen (EURACTIV 18/12/08). 

M. Barroso a répondu par écrit et a offert plusieurs garanties aux eurodéputés. Il a  écrit qu’aucun acteur financier ne devrait être exempté ou omis de la législation, soulignant qu’il s’agissait d’un engagement clair de la part de l’exécutif européen. Cela signifie, selon lui,  que les hedge funds et les participations privées doivent être couverts.

Mais depuis ces échanges, M. McCreevy est  resté vague quant à la question de la réglementation des participations privées, suscitant de nouvelles attaques de la part des socialistes. 

Hier, devant de nombreux délégués de l’industrie des services financiers, il a conservé sa position habituelle. Il a toutefois confirmé que la question de l’évaluation  de l’efficacité des codes d’autorégulation dans l’industrie des participations privées sera examinée lors d’une conférence de haut niveau  prévue à Bruxelles en février.