Meilleure gestion des stocks de poissons en Europe : des milliards d’euros à la clef

Une meilleure gestion des stocks de poissons dans l'Union européenne permettrait des prises supplémentaires de 3,2 milliards d'euros par an et la création de 100 000 emplois dans le secteur, selon le rapport d'un think tank.

EURACTIV.fr
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Une meilleure gestion des stocks de poissons dans l'Union européenne permettrait des prises supplémentaires de 3,2 milliards d'euros par an et la création de 100 000 emplois dans le secteur, selon le rapport d'un think tank.

Le rapport Unknown Waters du groupe de réflexion britannique New Economics indique que des recettes supplémentaires pourraient être engrangées si les gouvernements dépensaient trois fois plus dans la collecte de données sur les stocks de poissons et appliquaient les règles contre la surpêche.

Le 23 octobre, la commission de la pêche du Parlement européen doit voter sur la manière de dépenser le budget de 6,57 milliards d'euros validé par les ministres européens.

Dans son rapport, New Economics conseille aux législateurs d'orienter les fonds vers la collecte de données, le contrôle et l'application des règles pour s'assurer que les stocks de poissons de l'UE se reconstituent suffisamment pour permettre une pêche à grande échelle.

Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche verse actuellement 51,4 millions d'euros pour la collecte de données et 49,3 millions d'euros pour le contrôle et l'application des lois, soit environ 1,5 % de la valeur des prises.

« Tripler cette somme à 302 millions d'euros par an serait un petit investissement étant donné les bénéfices supplémentaires pour les emplois et l'approvisionnement alimentaire. Pour chaque euro investi dans la collecte de données, le contrôle et l'application des règles, le retour potentiel est de 10 euros », détaille le rapport.

L'interdiction des rejets

Roberto Ferrigno, spécialiste de la pêche chez WWF, estime que l'argent issu des taxes payées par les contribuables serait utilisé à bon escient pour faire appliquer les règles.

« Nous avons besoin de plus de financements pour la collecte de données, le contrôle et l'application des règles. Nous avons besoin de fonds publics pour soutenir des pratiques de pêche innovantes, afin de gérer les stocks de manière durable et permettre leur reconstitution. »

Le rapport de New Economics indique par ailleurs qu'une mauvaise application des règles pourrait mettre à mal l'interdiction de rejets de poissons convenue par les ministres des État membres de l'UE.

Selon une évaluation d'impact de la Commission européenne réalisée en 2011, les pêcheurs européens rejettent actuellement en moyenne 25 % de leur pêche. Le pourcentage grimpe à 70 % dans certaines régions. Le pire taux moyen de rejet concerne le cabillaud en mer du Nord, avec 38 %.

New Economics mentionne une recherche selon laquelle l'application des règles par les gouvernements a un impact direct sur les taux de pêche illégale ou irrégulière.

L'Agence communautaire de contrôle des pêches estime qu'environ un navire sur 17 enfreint la réglementation de l'UE sur la pêche à tout moment.