Menace de sanctions : Les dirigeants de l'UE comptent intensifier la pression sur Israël
Un projet de texte diplomatique préconise des « mesures restrictives à l'encontre des ministres extrémistes »
Selon le projet de conclusions du sommet, l’UE va intensifier la pression sur Israël en préparant des sanctions à l’encontre des ministres accusés d’« inciter et d’encourager des violations des droits de l’homme » à l’encontre des militants de la flottille d’aide à Gaza.
Le sommet du Conseil européen de ce mois-ci ordonnera le lancement des travaux sur des sanctions qui s’appliqueraient aux membres d’extrême droite de la coalition gouvernementale de Benyamin Netanyahou, dont le ministre de la Sécurité nationale en exercice, Itamar Ben-Gvir.
Le projet de texte « condamne les mauvais traitements infligés aux détenus à la suite de l’interception de la flottille Global Sumud dans les eaux internationales » et exhorte les ministres des Affaires étrangères de l’UE « à faire avancer les travaux sur des mesures restrictives à l’encontre des ministres extrémistes qui incitent et encouragent de telles violations des droits de l’homme ».
La colère s’est intensifiée dans les capitales de l’UE suite à la manière dont Ben-Gvir a traité les militants détenus après l’interception par Israël d’une flottille d’aide humanitaire à destination de Gaza.
La dynamique en faveur de cette initiative s’est renforcée après qu’Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères, a écrit le mois dernier à Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, pour demander que cette question soit officiellement inscrite à l’ordre du jour de l’UE.
S’exprimant la semaine dernière, Tajani a déclaré que la question serait débattue lors de la prochaine réunion du Conseil des affaires étrangères, prévue le 15 juin.
Tout régime de sanctions nécessiterait le soutien unanime des États membres de l’UE, ce qui fixe un seuil qui reste loin d’être atteint. L’opposition de la République tchèque et de la Bulgarie signifie qu’il n’y a actuellement pas de consensus.
La proposition de sanctions s’accompagne d’une évaluation de plus en plus critique et détaillée de la politique israélienne, y compris de son action militaire au Liban.
Le projet de texte rejette les plans qu’Israël aurait l’intention de mettre en œuvre pour prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza, condamne l’expansion des colonies en Cisjordanie, tout en mettant en garde contre les risques juridiques et de réputation auxquels s’exposent les entreprises impliquées dans la construction de colonies.
Les dirigeants de l’UE devraient également appeler Israël à permettre un accès humanitaire immédiat et sans entrave à Gaza, à rouvrir les points de passage frontaliers et à revenir sur les mesures affectant les ONG internationales opérant sur le territoire.
Comme pour toutes les conclusions du Conseil européen, le texte fait encore l’objet de négociations entre les pays et pourrait être révisé avant la réunion des dirigeants prévue plus tard ce mois-ci. Tout éventuel ensemble de sanctions devrait encore être approuvé par tous les gouvernements de l’UE.
(bw)