Les eurodéputés s’opposent à des taux de pesticides plus élevés dans les importations
Le Parlement européen s’est opposé à la proposition de la Commission de relever la quantité maximale autorisée de résidus de thiaclopride, un insecticide interdit dans l’UE depuis 2020, sur plus de 30 produits en provenance de pays tiers.
Le Parlement européen s’est opposé à la proposition de la Commission de relever la quantité maximale autorisée de résidus de thiaclopride, un insecticide interdit dans l’UE depuis 2020, sur plus de 30 produits en provenance de pays tiers.
La proposition a été rejetée par 386 voix en faveur d’une objection, 186 contre et 52 abstentions. La Commission doit maintenant la retirer.
Le thiaclopride est un insecticide de la classe des néonicotinoïdes. Ce groupe de substances est largement utilisé partout dans le monde en raison de son efficacité sur de nombreux produits, tels que le coton, les légumes, le thé, les fruits ou encore les pommes de terre. Toutefois, en raison de leur impact écologique, en particulier sur les abeilles et les pollinisateurs, l’UE a adopté des restrictions progressives sur leur utilisation depuis 2013.
« Il a fallu de nombreuses années à la Commission pour interdire ce dangereux pesticide », a déclaré Salomé Roynel, chargée de mission au sein du Pesticide Action Network (PAN) Europe dans un communiqué, « et maintenant elle tente de maintenir des niveaux incroyablement élevés dans des aliments tels que le thé ou les fraises ».
Elle a salué la décision des eurodéputés, qui sont « intervenus pour empêcher » que l’utilisation de ce pesticide « nocif pour la santé [des consommateurs] et les abeilles continue ailleurs, tandis que la santé des consommateurs européens, en particulier des femmes enceintes et des bébés, serait également mise en danger ».
Rester à zéro
La proposition de résolution approuvée par le Parlement européen signifie que la limite maximale de résidus (LMR) de thiaclopride dans les aliments importés reste fixée au zéro technique.
Selon les règles en vigueur dans l’UE, la limite maximale de résidus est le niveau le plus élevé de résidus de pesticides toléré dans les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux. Lorsqu’un pesticide est interdit dans l’UE, la LMR pour cette substance dans les produits importés est fixée à 0,01 mg/kg, le zéro technique.
Mais la Commission, après avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), peut proposer de relever la LMR pour les produits importés, sur la base d’une demande exigeant la prise en compte des conditions spécifiques de la production agricole dans les pays non membres de l’UE.
C’est la deuxième fois en quelques mois que le Parlement européen utilise son droit de veto sur les règles relatives aux pesticides concernant les LMR pour les aliments importés.
En décembre dernier, les eurodéputés ont rejeté une proposition similaire visant à autoriser sur le marché européen le riz cultivé à l’aide de tricyclazole, un fongicide dont l’utilisation est interdite aux producteurs européens.
Dans les deux cas, les eurodéputés ont pris en compte les préoccupations sanitaires et environnementales relatives à l’utilisation de ces deux substances, mais ils ont également invoqué un principe de réciprocité des exigences entre les producteurs alimentaires européens et ceux des pays tiers.
Comme l’avait expliqué Pascal Canfin (Renew), président de la commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen, sur X après la décision sur le tricyclazole, la proposition de la Commission autorisant des LMR plus élevées pour les denrées alimentaires importées est une forme de « concurrence déloyale non acceptable pour nos agriculteurs ».