La proposition de May sur les droits des citoyens accueillie avec prudence
Angela Merkel a donné une réponse circonspecte à la proposition de la Première ministre britannique, Theresa May, sur la protection des droits des citoyens européens après le Brexit,. Il s'agit d'un des sujets les plus sensibles des négociations.
Angela Merkel a donné une réponse circonspecte à la proposition de la Première ministre britannique, Theresa May, sur la protection des droits des citoyens européens après le Brexit,. Il s’agit d’un des sujets les plus sensibles des négociations.
« C’est un bon début », a déclaré la chancelière allemande alors qu’elle quittait les locaux du Conseil européen le 22 juin au soir, après la première journée de sommet.
Lors du dîner, Theresa May a proposé un accord aux 27 autres dirigeants européens sur le statut légal des plus de trois millions de citoyens des pays européens qui vivent actuellement au Royaume-Uni. Bruxelles avait réclamé que la question soit réglée au début des négociations sur le Brexit.
La proposition de Theresa May donnerait aux citoyens européens qui se trouvent actuellement au Royaume-Uni depuis au moins cinq ans les mêmes droits à la résidence, au système de santé et aux allocations que les citoyens britanniques. Et ces citoyens pourraient garder ces droits à vie.
La Première ministre veut négocier une date butoir spécifiant quand les citoyens européens devront obtenir ce statut. Elle propose au plus tard en mars 2019.
Elle propose également un délai de grâce pour donner aux citoyens européens le temps de régler la question de leur statut au Royaume-Uni. La durée de cette période sera décidée lors des négociations, mais Theresa May suggère un délai de deux ans maximum.
Avant le sommet du 22 juin, le gouvernement britannique aurait vanté sa propre proposition, la qualifiant de généreuse.
« Il y a encore beaucoup de questions en suspens », a cependant réagi Merkel, citant la facture de divorce dont le Royaume-Uni devra s’acquitter et la relation du pays avec l’Irlande, deux sujets sur lesquels les négociations s’annoncent laborieuses.
David Davis, le négociateur britannique pour le Brexit, a sous-entendu cette semaine que la question des droits des citoyens serait rapidement réglée et mise de côté. « Je suis heureux d’annoncer qu’il existe un vrai terrain d’entente », a-t-il commenté lorsque les négociations sur le Brexit ont officiellement commencé le 19 juin.
Les dirigeants des 27 autres États membres se sont montrés plus prudents à l’occasion du premier jour du sommet. Ils ont demandé à Michel Barnier, le négociateur en chef côté européen, d’analyser minutieusement la proposition britannique et de la comparer à la sienne.
Angela Merkel n’a pas été très prolixe suite à la proposition de Theresa May. Le plus important, a-t-elle indiqué, ce sont les États membres restants. « Nous sommes déterminés à conserver l’unité des 27 comme elle a été jusqu’à présent. »
Si des dirigeants européens sont satisfaits de la proposition de Theresa May, aucun ne lui donnera la satisfaction de le lui dire en face. D’ailleurs, personne n’a réagi lorsque la Première ministre a soumis son offre.
Ils ont attendu qu’elle quitte la salle après le diner pour discuter de la proposition, mais de manière très brève. Selon une source diplomatique, les dirigeants n’ont pas abordé la question des tribunaux en charge des potentiels litiges sur la résidence – un point épineux qui devrait survenir plus tard dans les négociations. Le Royaume-Uni ne veut pas que des tribunaux européens soient impliqués dans ces affaires.
Le chancelier autrichien, Christian Kern, s’est aligné sur l’attitude attentiste d’Angela Merkel. « C’est un bon début, et nous apprécions cela, mais de nombreux détails doivent encore être réglés », a-t-il déclaré aux journalistes à la fin de la réunion. De nombreux citoyens européens vivent au Royaume-Uni et de nombreuses problématiques doivent encore être résolues, a-t-il ajouté.
Christian Kern a par ailleurs brisé les espoirs de Theresa May de négocier rapidement un accord de sortie et de passer au débat sur un accord commercial post-Brexit. « La route sera longue, très longue pour ces négociations », a-t-il commenté avant de marteler « beaucoup d’incertitude plane autour du Royaume-Uni et de sa propre position ».
Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a quant à lui estimé qu’il n’y avait pas grand-chose à évaluer dans la proposition de Theresa May jusqu’à ce qu’elle présente les détails de son offre le 26 juin. « Ces personnes [les citoyens européens en question] participent à l’économie britannique, ils devraient avoir droit à plus d’informations. »