Merkel ne devrait pas s’opposer au déclenchement du plan d’aide à la Grèce
De passage à Paris, le président de la commission des Affaires européennes au Bundestag, Gunther Krichbaum, a néanmoins estimé qu’Athènes n’aurait pas besoin d’activer le mécanisme défini par les dirigeants de la zone euro.
De passage à Paris, le président de la commission des Affaires européennes au Bundestag, Gunther Krichbaum, a néanmoins estimé qu’Athènes n’aurait pas besoin d’activer le mécanisme défini par les dirigeants de la zone euro.
Le plan d’aide à la Grèce à eu les effets escomptés, a en substance déclaré le président de la commission des Affaires européennes au Bundestag, Gunther Krichbaum (CDU), en visite à Paris les 13 et 14 avril. En d’autres termes, il s’est félicité de la baisse des taux d’intérêt de la Grèce sur les marchés constatée depuis lundi 12 avril et estime que le mécanisme mis en place par les Européens ne devra donc pas nécessairement être activé. Au moment de sa déclaration, les taux auxquels la Grèce peut emprunter n’étaient pas encore remontés.
Il a rappelé que la réaction favorable des marchés, mardi 13 avril, avait permis à Athènes de lever 1,6 milliard d’euros. « Ce mécanisme va stabiliser la situation », a-t-il ajouté. Pour le président de la commission des Affaires européennes du Bundestag, « la solidarité de l’UE ne s’exprime pas en finançant la dette des autres États, mais en mettant en place un cadre stable, permettant de restaurer la confiance ».
Néanmoins, si la Grèce en faisait la demande, Angela Merkel « ne posera pas son veto » au déclenchement du mécanisme, a-t-il jugé. Le cadre adopté par les dirigeants européens prévoit en effet que le mécanisme d’aide à la Grèce soit activé après la demande d’Athènes et l’approbation des États membres de la zone euro. Il a également estimé qu’en cas déclenchement du mécanisme européen, tous les pays devront prêter « en même temps ». Pas question, donc, pour un pays plus réticent qu’un autre, de bénéficier d’un délai supplémentaire pour mettre au pot.
Trucage
Mais « si elle lève des fonds sur les marchés, la Grèce n’aura pas à se plier aux contraintes du FMI et de l’Union européenne », a-t-il ajouté. Et pourtant, pour le député allemand, la Grèce n’est pas un pays comme les autres. En cause : le fait qu’Athènes ait « joué » sur ses propres chiffres. « Je suis convaincu que si l’Espagne ou le Portugal étaient dans la même situation, les discussions seraient tout autre. »
Les chefs d’État et de gouvernement n’étaient-ils pas au courant du trucage des chiffres grecs? « Tout le monde le savait, a répondu le député. Mais à partir du moment où la France et l’Allemagne n’ont plus respecté les critères du pacte de stabilité, il ne leur était peut-être plus possible de réagir vis-à-vis des autres pays. » D’où une nécessité, pour l’élu d’Outre-Rhin, de réformer le pacte de stabilité et de croissance. « La suspension des droits de vote des États membres en déficit excessif est une possibilité », a-t-il avancé. Une question déjà évoquée les 25 et 26 mars par les dirigeants européens à Bruxelles.
En revanche, il s’est dit « opposé » à l’exclusion d’un État de la zone euro. A la mi-mars, Angela Merkel l’avait pourtant envisagé : « A l’avenir, nous aurons besoin d’une disposition dans le traité qui permette, en dernier recours, d’exclure un pays de la zone euro », avait affirmé la chancelière allemande.
Le député, qui se définit comme une « partisan du gouvernement économique », a enfin déploré que l’UE ait du monter de toutes pièces le mécanisme d’aide à la Grèce, et que la Commission européenne ne dispose déjà d’un tel plan.