Merz salue un « nouveau départ » alors que Magyar se rend à Berlin, mais le désaccord sur l'Ukraine persiste

La Hongrie n'enverra « ni armes ni soldats en Ukraine », a déclaré Magyar

EURACTIV.com
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le nouveau Premier ministre hongrois Peter Magyar à Berlin [Photo : Carsten Koall/Getty Images]

Péter Magyar, le nouveau Premier ministre hongrois, rencontrera le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy dans les prochains jours, a-t-il annoncé à Berlin.

Friedrich Merz, le chancelier allemand, a reçu mardi Magyar à l’occasion de sa première visite officielle, saluant ce qu’il a qualifié de « nouveau départ dans nos relations » avec Budapest.

Magyar, qui a battu en avril le Premier ministre de longue date Viktor Orbán, présente son mandat comme une tentative de ramener la Hongrie dans le courant dominant européen après des années d’isolement croissant sous son prédécesseur.

Un sentiment de soulagement règne dans les capitales européennes depuis qu’Orbán, largement considéré comme un proche allié du Kremlin, a été évincé du pouvoir, et le changement à Budapest a également ouvert la voie au déblocage d’une aide de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine.

Pourtant, des divergences importantes subsistent au sujet de l’Ukraine.

La Hongrie a jusqu’à présent refusé d’autoriser les livraisons d’armes à l’Ukraine et a également mis un frein aux négociations d’adhésion à l’UE avec Kiev.

Il a évoqué mardi des « négociations techniques » avec l’Ukraine qui, selon lui, devaient s’achever dans la semaine, ajoutant qu’une rencontre avec Zelenskyy était prévue dans les jours à venir.

Kiev, a-t-il insisté, doit garantir les « droits fondamentaux » de la minorité ethnique hongroise en Ukraine.

Sur la question des livraisons d’armes, aucun terrain d’entente n’est apparu.

Merz a déclaré que l’Allemagne « ne faillirait pas à son engagement envers l’Ukraine » et a indiqué que Berlin aborderait la question des livraisons d’armes avec Budapest, ce à quoi Magyar a répondu sans détour que la Hongrie n’enverrait « ni armes ni soldats en Ukraine ».

Cette visite à Berlin fait suite à un accord conclu avec Bruxelles visant à débloquer 16,4 milliards d’euros de fonds européens gelés, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ayant indiqué que ces fonds ne seraient débloqués que si Magyar tenait ses engagements en matière de réformes.

Merz a laissé planer le doute mardi quant à savoir si Berlin accueillerait un sommet du E5, regroupant l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la Grande-Bretagne, avant le sommet de l’OTAN à Ankara. « Aucune réunion du E5 n’est actuellement prévue », a indiqué un porte-parole.

Selon Bloomberg, Merz prévoit d’accueillir les dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la Pologne à Berlin dans le courant du mois, afin de discuter d’une stratégie en vue de la rencontre avec Donald Trump en juillet. Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, devrait également être invité.

(bw)